Berlin montré du doigt après l'échec de la fusion EADS-BAE

jeudi 11 octobre 2012 07h18
 

PARIS/BERLIN/LONDRES (Reuters) - EADS et BAE Systems ont annoncé mercredi la fin de leurs discussions de fusion, montrant l'Allemagne du doigt après l'échec d'âpres tractations diplomatiques entre Paris, Berlin et Londres sur leurs prérogatives.

Les deux groupes avaient jusqu'à 16h00 GMT pour annoncer s'ils demandaient aux autorités boursières britanniques l'autorisation de poursuivre les négociations ou s'ils renonçaient à leur projet de créer un nouveau géant mondial du secteur de l'aéronautique de la défense qui aurait surpassé l'américain Boeing.

"Il est devenu clair que les intérêts des Etats parties prenantes ne pouvaient pas être réconciliés de manière adéquate avec les objectifs que s'étaient fixés BAE Systems et EADS pour leur fusion", ont fait savoir les deux groupes dans un communiqué commun.

"BAE Systems et EADS ont donc décidé qu'il était dans le meilleur intérêt de leurs entreprises et de leurs actionnaires d'abandonner les discussions et de continuer à se concentrer sur leurs stratégies respectives", ont-ils ajouté.

L'Allemagne a été explicitement mise en cause dans le blocage des discussions. Les deux entreprises, souligne-t-on de source proche des discussions, avaient répondu à toutes les demandes de Berlin et n'ont pas compris pourquoi le gouvernement allemand a tout de même fait barrage.

"Il est juste de dire qu'il y a eu des difficultés avec le gouvernement allemand", a déclaré Ian King, le président de BAE, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Dans une lettre adressée aux salariés, Tom Enders, président exécutif d'EADS, déclare que "nous nous ne nous attendions pas à ce que ce projet rencontre une telle opposition, notamment à Berlin", ajoutant que le groupe allait être contraint de revoir sa stratégie, en particulier dans la défense.

De source gouvernementale française, on a de même déclaré que le gouvernement allemand avait bloqué l'avancée du dossier.

"Il semblerait que la chancelière (Angela Merkel) ne souhaite pas que les discussions se poursuivent", a dit cette source.   Suite...

 
<p>L'Eurofighter Typhoon de BAE Systems et des Airbus d'EADS. Les deux groupes d'a&eacute;ronautique et de d&eacute;fense ont mis fin mercredi &agrave; leurs discussions de fusion, montrant l'Allemagne du doigt apr&egrave;s l'&eacute;chec d'&acirc;pres tractations diplomatiques entre Paris, Berlin et Londres sur leurs pr&eacute;rogatives. Mais Berlin s'est d&eacute;fendu de porter seul la responsabilit&eacute; de cet &eacute;chec. /Photos d'archives/REUTERS/Phil Noble/Luke MacGregor</p>