La crédibilité d'Athènes, enjeu des privatisations

mercredi 10 octobre 2012 13h01
 

par Anthony Deutsch et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - L'enjeu du programme de privatisations que la Grèce vient de relancer ne se résume pas seulement aux milliards d'euros attendus de ces cessions mais également à la nécessité pour Athènes de soigner sa crédibilité auprès de ses bailleurs de fonds et des investisseurs.

Alors que, malgré l'hostilité des Grecs, la classe politique est pressée par ses créanciers de vendre ses actifs au rabais pour diminuer sa dette, elle devra déployer des efforts encore plus volontaires pour restaurer la confiance des investisseurs étrangers et enrayer la corruption en utilisant l'outil des privatisations.

L'organisme des privatisations, le HRADF (Hellenic Republic Asset Development Fund), fondé il y a quinze mois, entend assainir des dizaines d'actifs publics avant de les proposer en concession ou à la vente.

Les premières grandes privatisations - le groupe grec de jeux de hasard et de paris en ligne OPAP, la compagnie publique de gaz DEPA et plusieurs grands projets immobiliers - pourraient être bouclées dès le premier trimestre 2013 et permettre à l'organisme public de combler une partie de son retard.

Le programme était censé rapporter trois milliards d'euros cette année mais le produit des privatisations ne devrait finalement pas dépasser 300 millions.

Beaucoup espèrent que ces privatisations permettront de rompre le cycle de l'austérité et de la récession en Grèce, où le PIB a chuté de près de 25% depuis 2008 et où le chômage touche près d'un Grec sur quatre.

La Grèce, dont le ratio dette/PIB est le plus élevé de la zone euro, a manqué à plusieurs reprises les objectifs fixés par ses bailleurs de fonds internationaux, le FMI et l'UE, et le risque ultime est celui de quitter purement et simplement la zone euro.

Si le programme est mené à terme, les économistes estiment que la contribution des privatisations au PIB pourrait atteindre 3,5% par an dès 2013, soit assez pour remettre la Grèce sur le chemin de la croissance et créer 150.000 emplois à long terme.   Suite...

 
<p>A Ath&egrave;nes. Selon des experts, l'enjeu du programme de privatisations que la Gr&egrave;ce vient de relancer ne se r&eacute;sume pas seulement aux milliards d'euros attendus de ces cessions mais &eacute;galement &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; pour Ath&egrave;nes de soigner sa cr&eacute;dibilit&eacute; aupr&egrave;s de ses bailleurs de fonds et des investisseurs. /Photo prise le 22 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/John Kolesidis</p>