Le régulateur veut libérer le marché des pièces de carrosserie

lundi 8 octobre 2012 16h52
 

PARIS (Reuters) - L'Autorité de la concurrence a recommandé lundi une levée progressive du monopole des constructeurs automobiles sur les pièces de rechange de carrosserie afin d'endiguer la hausse des prix de l'entretien et de la réparation des véhicules en France.

Cette question fait depuis des mois l'objet d'un bras de fer entre les constructeurs, qui veulent défendre les marges de leur activité d'après-vente et les garagistes et centres automobiles indépendants. La libéralisation prônée par le régulateur, qui enquête depuis juillet sur cette question, concerne uniquement les pièces dites visibles (ailes, capots, pare-chocs, pare-brise, feux et rétroviseurs).

"Les constructeurs détiennent (...) un véritable monopole légal sur plus de 70% de ces pièces et sont en duopole avec l'équipementier sur les 30% restants", écrit l'Autorité dans un communiqué.

"L'Autorité de la concurrence estime qu'il est souhaitable de conserver cette protection pour les pièces visibles dites de 'première monte' (destinées à l'assemblage du véhicule neuf), mais elle propose de lever, de manière progressive et maîtrisée, la restriction pour les pièces de rechange destinée à la réparation."

"L'introduction d'une clause de réparation aurait pour effet de faire baisser les prix des pièces de rechange visibles, tout en permettant un fonctionnement plus efficace du secteur" sur le modèle de 11 pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, ou de celui des Etats-Unis.

L'Autorité de la concurrence souligne que si le nombre d'interventions a baissé de 15% entre 2000 et 2010, les prix de l'entretien-réparation, hors inflation, ont, selon l'Insee, augmenté de près de 30% depuis 2000.

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir - qui militait avec, par exemple, le groupe indépendant Movidia (Norauto, Midas) pour une libéralisation du marché des pièces - a accueilli avec "une réelle et profonde satisfaction l'avis de l'Autorité de la concurrence sur l'entretien et la réparation automobiles, qui confirme le caractère sclérosé de ces marchés".

L'UFC-Que Choisir a dit accepter que cette libéralisation soit progressive si le calendrier de mise en oeuvre est raisonnable, c'est-à-dire si le processus de libéralisation totale n'excède pas trois ans.

LE SECTEUR VA AVOIR BESOIN DE TEMPS   Suite...

 
<p>L'Autorit&eacute; de la concurrence a recommand&eacute; lundi une lev&eacute;e progressive du monopole des constructeurs automobiles sur les pi&egrave;ces de rechange de carrosserie. L'objectif est d'endiguer la hausse des prix de l'entretien et de la r&eacute;paration des v&eacute;hicules. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol</p>