Londres prêt à bloquer le projet de fusion entre EADS et BAE

dimanche 7 octobre 2012 18h01
 

BIRMINGHAM, Angleterre (Reuters) - La Grande-Bretagne opposera son veto au projet de fusion entre EADS et BAE Systems s'il ne répond pas à certaines priorités non négociables, a déclaré dimanche le secrétaire britannique à la Défense, à trois jours de la date limite de présentation dudit projet.

Ce rapprochement de 35 milliards d'euros suscite bien des interrogations, notamment sur le rôle des Etats dans la future entité, question qui donne lieu à de sérieuses divergences entre Londres, Paris et Berlin.

"Nous voulons que cette société prospère en tant qu'entreprise commerciale, concentrée sur des choses qui soient bonnes pour elle, qu'elle ne soit redevable d'aucun Etat ou contrôlée par quelque Etat que ce soit", a dit Philip Hammond à la BBC.

"Il n'est pas nécessaire qu'il n'y ait aucun intérêt français ou allemand dans la société mais il est nécessaire de ramener ces intérêts en deçà du niveau à partir duquel ils peuvent contrôler ou influer la manière dont la société se comporte".

EADS est contrôlé par un pacte d'actionnaires entre l'Etat français, Lagardère et l'allemand Daimler, le trio détenant collectivement 45% du capital.

La France veut conserver une participation, tout en n'excluant pas de la faire évoluer en l'augmentant, tandis que l'Allemagne veut une place équivalente à celle de la France pour ne pas rester à l'écart de autres grandes puissances et que la Grande-Bretagne veut restreindre le plus possible le rôle des Etats, ont dit plusieurs personnes au fait des discussions.

EADS et BAE Systems veulent également une intervention minimale des Etats, ne serait-ce que pour protéger les acquis du groupe britannique aux Etats-Unis, très présents sur des contrats du Pentagone dits "sensibles".

SÉCURITÉ ET EMPLOI

"Nous avons bien fait savoir que nous avions des points non négociables touchant à la fusion BAE-EADS et que si on ne pouvait y répondre de manière satisfaisante alors nous userions de notre action spécifique pour opposer notre veto à l'opération", a encore dit Hammond.   Suite...

 
<p>Le projet de fusion entre EADS et BAE doit pr&eacute;server la s&eacute;curit&eacute; nationale et l'emploi en Grande-Bretagne, a d&eacute;clar&eacute; dimanche le ministre des Finances britannique George Osborne, &agrave; trois jours de la date limite de pr&eacute;sentation du dit projet. /Photo prise le 2 octobre 2012/REUTERS/David Moir</p>