EADS courtise l'Allemagne pour fusionner avec BAE

jeudi 4 octobre 2012 20h04
 

par Madeline Chambers et Matthias Blamont

BERLIN/PARIS (Reuters) - EADS est prêt à apporter des garanties à l'Allemagne dans le cadre de son projet de fusion avec BAE Systems, espérant ainsi convaincre Berlin de renoncer à une part directe dans l'entité issue d'un éventuel rapprochement, une exigence qui risque de faire capoter les discussions.

Les groupes européen et britannique ont jusqu'au 10 octobre pour présenter leur schéma de fusion, qui permettrait de créer un nouveau géant de l'aéronautique et de la défense, plus puissant face à Boeing dans un contexte de diminution des budgets militaires.

EADS doit pourtant surmonter encore plusieurs obstacles d'envergure soulevés par ses actionnaires privés et publics. A cet égard, les prochains jours seront déterminants.

La parité de fusion retenue - 60% pour les actionnaires de la maison mère d'Airbus et 40% pour ceux du britannique - est jugée défavorable aux actionnaires d'EADS par plusieurs analystes et investisseurs.

Le groupe français Lagardère, qui détient une part de 7,5% du capital d'EADS qu'il souhaite céder au meilleur prix dans les mois qui viennent, a appelé à un réexamen du projet afin d'obtenir des conditions plus favorables.

De son coté, Berlin redoute de voir son influence réduite après la fusion, au profit de Paris - qui détient actuellement 15% d'EADS - et de Londres.

Ce projet de fusion a ainsi réveillé les ambitions de l'Etat allemand, qui souhaite désormais prendre une part directe dans EADS en reprenant des parts actuellement détenues par le constructeur automobile Daimler et un groupe de banques, une option à laquelle s'opposent le Royaume-Uni et le président d'EADS, Tom Enders, de nationalité allemande.

"Je ne vois pas l'avantage pour notre pays d'acquérir une participation", a-t-il déclaré jeudi dans une interview accordée au quotidien Bild.   Suite...

 
<p>EADS est pr&ecirc;t &agrave; apporter des garanties &agrave; l'Allemagne dans le cadre de son projet de fusion avec BAE Systems, esp&eacute;rant ainsi convaincre Berlin de renoncer &agrave; une part directe dans l'entit&eacute; issue d'un &eacute;ventuel rapprochement, une exigence qui risque de faire capoter les discussions. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>