L'optimisation fiscale des entreprises plombe le budget espagnol

mercredi 3 octobre 2012 18h25
 

par Tracy Rucinski

MADRID (Reuters) - Les impôts sur les bénéfices payés par les entreprises espagnoles ont chuté de près des deux-tiers depuis le début de la crise, de nombreuses petites entreprises ayant fait faillite tandis que les plus grandes se tournent vers les marchés extérieurs et les paradis fiscaux.

S'il a adopté 65 milliards d'euros de mesures d'austérité, dont des baisses des traitements de la fonction publique et une hausse de la TVA, le gouvernement de Mariano Rajoy a jusqu'à présent ménagé les entreprises pour tenter de préserver l'emploi, alors qu'un Espagnol sur quatre est au chômage.

Mais il n'est pas payé de retour.

Malgré ses difficultés, l'Espagne abrite des entreprises florissantes, comme les banques Santander et BBVA, l'opérateur Telefonica, le géant de l'habillement Inditex ou le pétrolier Repsol.

Ces cinq sociétés ont généré à elles seules un bénéfice net de 17,8 milliards d'euros en 2011, soit davantage que les 16,6 milliards de recettes de l'impôt sur les bénéfices que le gouvernement a perçues cette année auprès de quelque 1.400 sociétés. En 2007, l'impôt sur les bénéfices avait rapporté 44,8 milliards d'euros.

"Les grandes entreprises paient de moins en moins d'impôts. Leurs bénéfices n'ont pas diminué au même rythme que leurs contributions fiscales", constate Carlos Cruzado, président du syndicat GESTHA du Trésor espagnol.

Cet écart s'explique en partie par le fait que les bénéfices encore générés par les sociétés proviennent en grande partie de leurs activités à l'étranger. Comme les bénéfices sont en général imposés à la source, les coffres du Trésor espagnol se vident mécaniquement.

Autre conséquence : les sociétés paient proportionnellement moins d'impôts en Espagne que les particuliers, soit 11,6% du total de leurs bénéfices contre 12,4% pour les ménages, selon les chiffres 2011 du fisc espagnol.   Suite...

 
<p>Usine &agrave; Dos Hermanas, pr&egrave;s de S&eacute;ville. Les imp&ocirc;ts sur les b&eacute;n&eacute;fices pay&eacute;s par les entreprises espagnoles ont chut&eacute; de pr&egrave;s des deux-tiers depuis le d&eacute;but de la crise, de nombreuses petites entreprises ayant fait faillite tandis que les plus grandes se tournent vers les march&eacute;s ext&eacute;rieurs et les paradis fiscaux. /Photo prise le l21 septembre 2012/REUTERS/Marcelo del Pozo</p>