EADS-BAE, la bombe du pacte est amorcée en cas d'échec

samedi 29 septembre 2012 13h27
 

par Tim Hepher et Jean-Michel Belot

PARIS (Reuters) - D'inquiétants signes de faiblesse du pacte fondateur entre actionnaires français et allemand d'EADS agissent comme une bombe à retardement invisible mais bel et bien amorcée au moment où le groupe européen d'aéronautique et de défense négocie une ambitieuse fusion de 35 milliards d'euros avec le groupe britannique BAE Systems.

Alors que les deux groupes doivent surmonter d'importantes réticences politiques avant de pouvoir présenter leur projet d'ici la date butoir du 10 octobre prochain, le risque est réel de voir le pacte d'actionnaires voler en éclats d'ici quelques mois, provoquant alors une nouvelle déflagration dans la gouvernance du groupe en cas d'échec des discussions avec BAE.

Ce pacte a rempli pendant plus d'une décennie son rôle en maintenant un subtil équilibre entre les grands actionnaires d'EADS que sont l'Etat français, le groupe de médias Lagardère et le groupe industriel allemand Daimler. Mais il est amené à disparaître si la fusion avec BAE aboutie.

Alors qu'il paraissait autrefois gravé dans le marbre, il est aujourd'hui si fragilisé par le projet de Lagardère et de Daimler de céder rapidement leurs participations qu'il est peu probable que le statu quo puisse être maintenu plus d'un an même si la fusion avec le groupe britannique de défense échoue.

Une telle situation déclencherait sans aucun doute de nouvelles batailles fratricides entre Français et Allemands pour le contrôle du groupe, cette fois-ci sans le garde-fou que représente le pacte aujourd'hui.

"Que le projet de fusion aboutisse ou non, le pacte d'actionnaires va voler en éclats à un moment ou à un autre. Ses modalités sont fragiles et provisoires", a déclaré à Reuters une source en connaissant intimement toutes les arcanes.

Un porte-parole d'EADS s'est refusé à tout commentaire.

CHANGEMENT DE DOCTRINE DE BERLIN   Suite...

 
<p>Selon des experts, d'inqui&eacute;tants signes de faiblesse du pacte fondateur entre actionnaires fran&ccedil;ais et allemand d'EADS agissent comme une bombe &agrave; retardement invisible mais bel et bien amorc&eacute;e au moment o&ugrave; le groupe europ&eacute;en d'a&eacute;ronautique et de d&eacute;fense n&eacute;gocie une ambitieuse fusion de 35 milliards d'euros avec le groupe britannique BAE Systems. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>