Un sauvetage de l'Espagne, un cadeau empoisonné pour l'Italie ?

samedi 29 septembre 2012 09h39
 

par Ana Nicolaci da Costa

LONDRES (Reuters) - Si l'Espagne se décide finalement à appeler la zone euro à la rescousse, la question de la dette italienne risque de revenir sur le devant de la scène.

En effet, si Madrid est sauvée, même partiellement, le Banque centrale européenne et son plan de rachats d'obligations entreront en action, ce qui fera baisser les coûts d'emprunt de l'Espagne et redonnera aux investisseurs le goût des actifs risqués, et notamment de la dette émise par l'Italie.

Au risque pour le pays de devenir très vite le prochain maillon faible de la zone euro. Avec une crise toujours pas résolue, la tentation pourrait être grande pour les investisseurs d'éprouver la résistance italienne.

"On ne peut pas vendre l'Espagne à découvert parce qu'il y a le programme de la BCE de l'autre côté avec ses montants illimités; aussi, c'est l'Italie qui supportera le gros des ventes", commente David Keeble, responsable de la stratégie sur les produits de taux au Crédit agricole.

"Si l'Espagne devait accepter un sauvetage, je serais long sur l'Espagne et court sur l'Italie, parce que la question sera alors : que va-t-il arriver à l'Italie ? ", confirme Richard McGuire, spécialiste des taux chez Rabobank.

Certes, l'Italie est en meilleure forme financière et budgétaire que l'Espagne, qui est aux prises notamment avec de grosses difficultés bancaires. Mais le gouvernement italien a fait savoir ce mois-ci que l'économie italienne se contracterait deux fois plus que prévu en 2012.

En outre, les élections législatives sont prévues en avril et leur issue est incertaine.

Si la dette italienne devait être vendue - et les coûts d'emprunt de l'Italie monter - cela devrait accroître la pression sur Rome pour demander à son tour une aide financière.   Suite...

 
<p>Si l'Espagne se d&eacute;cide finalement &agrave; appeler la zone euro &agrave; la rescousse, la question de la dette italienne risque de revenir sur le devant de la sc&egrave;ne. En effet, si Madrid est sauv&eacute;e, m&ecirc;me partiellement, le Banque centrale europ&eacute;enne et son plan de rachats d'obligations entreront en action, ce qui fera baisser les co&ucirc;ts d'emprunt de l'Espagne et redonnera aux investisseurs le go&ucirc;t des actifs risqu&eacute;s, et notamment de la dette &eacute;mise par l'Italie. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>