28 septembre 2012 / 05:53 / il y a 5 ans

La stagnation de l'économie française au 2e trimestre confirmée

PARIS (Reuters) - La confirmation de la stagnation de l’économie française au deuxième trimestre et le recul de la consommation des ménages durant l’été fragilisent l‘objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013, inscrit dans le projet de loi de finances présenté ce vendredi en conseil des ministres.

<p>L'Insee confirme une croissance de 0,0% du produit int&eacute;rieur brut de la France sur le deuxi&egrave;me trimestre 2012, analogue &agrave; celle des deux trimestres pr&eacute;c&eacute;dents. /Photo d'archives/REUTERS</p>

Le ministre de l’Économie a toutefois défendu l‘hypothèse de croissance retenue pour la préparation du projet de budget, jugeant une hausse d‘au moins 0,8% de l‘activité possible si l‘Europe sort de la crise de l‘euro et retrouve de la stabilité.

“J‘ai la certitude que si l‘Europe se stabilise, que si l‘Europe retrouve son élan, alors nous allons faire ces 0,8%, et plus”, a dit Pierre Moscovici sur Europe 1 à quelques heures de la présentation du projet de loi de finances pour 2013.

L’économie française a stagné pour le troisième trimestre consécutif sur la période avril-juin, selon les résultats définitifs des comptes nationaux trimestriels publiés par l‘Insee. L‘institut a confirmé une croissance de 0,0% du produit intérieur brut sur le deuxième trimestre 2012, analogue à celle des deux trimestres précédents.

L‘acquis de croissance pour 2012, à savoir la performance de l’économie française sur l‘ensemble de l‘année si l’évolution du PIB restait nulle sur les six derniers mois, a de même été confirmé à +0,2%, niveau inchangé par rapport à fin mars.

La contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance du deuxième trimestre est également confirmée à +0,1 point, de même que celle de la variation des stocks à +0,3 point. En revanche, la contribution du commerce extérieur a été révisée en très légère hausse (-0,4 point au lieu de -0,5 en première estimation).

L‘investissement des entreprises non financières, qui avait chuté en début d‘année, s‘est redressé à +0,6% (contre +07% annoncé précédemment), de même que celui des administrations publiques à +0,9%.

Le taux de marge des entreprises s‘est légèrement redressé à 16,4% (+0,4 point), grâce essentiellement à un bond de 0,8% de leur valeur ajoutée à la faveur d‘un recul du prix des consommations intermédiaires.

REMONTÉE DU TAUX D’ÉPARGNE

<p>LA CROISSANCE FRAN&Ccedil;AISE</p>

L‘Insee fait état par ailleurs d‘une hausse de 0,4% du pouvoir d‘achat des ménages au deuxième trimestre. Il avait stagné au premier trimestre (contre une précédente estimation de -0,1% pour le T1) et restait sur des reculs de 0,2% et 0,3% pour les deux derniers trimestres de 2011.

Leur revenu disponible a progressé de 0,5% (après +0,6% au premier trimestre) grâce à des prestations sociales qui restent dynamiques (+0,9%, inchangé), alors que la croissance des revenus salariaux s‘est ralentie (+0,4% après +0,7%).

La consommation des ménages a en revanche stagné en valeur, après une hausse de 0,8% au premier trimestre, le taux d’épargne progressant d‘un trimestre sur l‘autre de 0,4 point, à 16,4% et enregistrant sa première hausse depuis un an.

La consommation des ménages en biens, qui représente plus d‘un tiers de leur consommation totale, a reculé en volume au cours de l’été, baissant de 0,8% en août par rapport au mois précédent après une hausse de 0,4% en juillet.

La progression des dépenses en volume en biens de consommation pour le mois de juin a toutefois été révisée en hausse de 0,3 point à +0,4% par rapport au mois précédent, contre +0,1% initialement annoncé.

L‘hypothèse de croissance pour 2013 retenue par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est près de deux fois supérieure au consensus des économistes qui estiment que la faiblesse de l‘activité ne permettra pas de respecter l‘objectif d‘un retour du déficit public à 3% du PIB.

La détermination affichée par le gouvernement socialiste sur la réduction du déficit public en dépit des doutes des économistes et des critiques d‘une partie de sa majorité a permis une baisse du coût de financement de la dette publique, qui a dépassé au deuxième trimestre le seuil des 90% du PIB.

La dette publique de la France a augmenté de 43,2 milliards d‘euros sur la période d‘avril à juin pour atteindre 1.832,6 milliards fin juin, soit 91,0% du PIB, selon les données publiées par l‘Insee.

Marc Joanny, édité par Gilles Trequesser

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