D'autres usines automobiles pourraient fermer avec la crise

jeudi 27 septembre 2012 19h35
 

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Comme s'ils s'étaient donnés le mot, les dirigeants des grands constructeurs automobiles ont tous livré jeudi le même message lors de l'ouverture à la presse du Mondial de l'automobile: l'année 2013 s'annonce tout aussi désastreuse que 2012 en Europe, ce qui rend le problème de surcapacités encore plus criant.

Si le constat fait l'unanimité, les avis divergent sur la méthode adaptée pour diminuer le nombre d'usines de voitures en Europe, où la crise de la dette qui sévit depuis plus de trois ans a entraîné par ricochet un effondrement de la demande pour les véhicules neufs.

Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Nissan, qui prévoit une baisse de 8% du marché automobile européen cette année et un nouveau repli en 2013, estime qu'il n'y a "aucune chance" de voir une restructuration du secteur pilotée par le pouvoir politique en Europe, à l'image de ce qui s'est passé aux Etats-Unis.

A la suite de la crise financière de 2007-2009, deux des trois "Big Three" de Detroit, General Motors et Chrysler avaient, sous l'impulsion de Washington, déposé leur bilan pendant quelques mois en 2009 pour entreprendre une cure d'amaigrissement drastique.

Depuis, GM a fait un retour réussi en Bourse et Chrysler est devenu une machine à générer des bénéfices pour Fiat, sa nouvelle maison mère.

"Chaque entreprise va devoir régler ses propres problèmes", a déclaré Carlos Ghosn lors d'un entretien accordé à Reuters Television.

De son côté, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, a au contraire renouvelé son appel en faveur d'une coordination pan-européenne visant à réduire les surcapacités des usines.

"Nous portons une responsabilité collective dans le secteur de mettre en place une restructuration progressive, au niveau européen", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Mondial de l'automobile à Paris.   Suite...

 
<p>Au Mondial de l'Automobile &agrave; Paris. Les dirigeants des grands constructeurs automobiles ont tous livr&eacute; jeudi le m&ecirc;me message lors de l'ouverture &agrave; la presse de ce salon: l'ann&eacute;e 2013 s'annonce tout aussi d&eacute;sastreuse que 2012 en Europe, ce qui rend le probl&egrave;me de surcapacit&eacute;s encore plus criant et la n&eacute;cessit&eacute; de diminuer le nombre d'usines de voitures en Europe. /Photo prise le 27 septembre 2012/REUTERS/Christian Hartmann</p>