BAE joue peut-être son va-tout avec EADS

jeudi 27 septembre 2012 10h12
 

LONDRES (Reuters) - Réussir sa fusion avec EADS est primordial pour BAE Systems si le groupe ne veut pas se retrouver marginalisé en raison d'une stratégie floue, voire devenir une proie pour des concurrents américains.

Si cette fusion de 35 milliards d'euros avec la société-mère d'Airbus tourne court, le groupe de défense britannique pourrait envisager soit de s'allier à un groupe américain, soit de vendre ses actifs outre-Atlantique ou encore rester autonome et tenter de tirer son épingle du jeu dans un marché de la défense guère florissant.

Cette opération, la plus importante survenue dans le secteur européen de la défense depuis une décennie, doit de fait surmonter bien des obstacles.

La parité de 60/40 proposée pour la fusion d'EADS et BAE au sein d'une nouvelle entité suscite des débats, tout comme la protection des contrats militaires sensibles. Autres réticences à surmonter : celle des Etats français et allemand, qui souhaitent préserver leurs intérêts dans EADS.

"BAE voit ses bénéfices tirés de la défense diminuer. Que faire ? Soit se fiancer à quelqu'un en croissance comme EADS soit s'allier à quelqu'un qui peut l'aider à faire de grosses économies, notamment d'échelle, comme Rockwell Collins, General Dynamics ou Lockheed Martin", observe un gérant d'un fonds d'investissement britannique détenant une participation dans BAE.

"Les amateurs des théories du complot disent que BAE espère amener l'un des gros groupes américains de la défense à se déclarer", observe-t-il.

Si tel était le cas, BAE jouerait gros car le Pentagone n'est généralement pas favorable à un mouvement de consolidation qui réduirait le nombre de ses interlocuteurs et qui pèserait ainsi sur la concurrence. Certains analystes estiment toutefois que la situation pourrait évoluer car BAE est l'un des principaux fournisseurs étrangers du Pentagone.

"La stratégie de BAE l'a amené à exploiter à fond les marchés militaires britanniques et américains mais à moyen terme ces marchés vont avoir de sérieux problèmes; donc BAE ne peut se permettre de ne pas réagir", dit Zafar Khan, analyste de la défense de Société Générale.

STRATÉGIE SOUPLE   Suite...

 
<p>VERS UNE FUSION D'EADS ET DE BAE ?</p>