La gauche en quête de crédibilité budgétaire

jeudi 27 septembre 2012 08h16
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le projet de budget 2013 présenté vendredi a pour principal objectif de ramener le déficit public à 3% de la richesse nationale mais les 20 milliards d'euros d'impôts nouveaux et 10 milliards d'économies prévus ne suffiront pas si la croissance s'effondre, comme le redoutent certains économistes.

Plusieurs analystes interrogés par Reuters estiment que le net ralentissement de l'activité - la croissance a été nulle en France les trois derniers trimestres et s'annonce du même ordre pour la fin de l'année - empêchera le gouvernement de réduire ce déficit de 4,5% attendu fin 2012 à 3% en 2013.

Mais ils ajoutent que les efforts menés devraient permettre d'atténuer l'impact sur la crédibilité de la France.

A tout le moins, ils s'attendent à des correctifs budgétaires courant 2013, à mesure que la prévision de croissance gouvernementale sera révisée en baisse, ce qui leur paraît inéluctable.

A 0,8%, cette prévision est quasiment le double du consensus des économistes. Elle est le principal facteur d'incertitude du projet de budget, chaque dixième de point de pourcentage de produit intérieur brut en moins imposant un effort supplémentaire d'un milliard d'euros pour tenir les déficits.

"Les tours de vis annoncés ne vont pas suffire pour atteindre les 3% mais ce n'est pas plus mal", estime Ludovic Subran, économiste chez l'assureur crédit Euler Hermes, qui appelle à préserver le peu de croissance envisageable.

Pressé par des économistes et l'aile gauche de sa majorité de différer le retour à 3%, le gouvernement a fait le choix de le confirmer pour conserver la faveur des marchés financiers et de ses partenaires allemands.

"Le gouvernement sait très bien que s'il ne se tient pas à ce réalisme économique, derrière, il y aura les marchés financiers et la Commission européenne qui l'attendent au tournant", a déclaré Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas, lors d'une présentation.   Suite...

 
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