Enders contre l'ingérence chez EADS, Paris veut encore peser

mercredi 26 septembre 2012 21h20
 

par Elizabeth Pineau et Gernot Heller

PARIS/BERLIN (Reuters) - Les États ne doivent pas tenter d'exercer leur influence sur l'entité qui serait issue d'une fusion entre EADS et BAE Systems, a déclaré mercredi le président exécutif d'EADS, déclaration témoignant de tensions politiques susceptibles de torpiller cette opération de 35 milliards d'euros.

Thomas Enders a dit aux parlementaires allemands que le rôle de l'État, s'il y en avait un, devait rester limité pour que la nouvelle entité soit compétitive.

"Nous voulons créer une société beaucoup plus forte sur le plan international, qui attire les investisseurs, et il y a de nombreux exemples qui montrent que les sociétés dans ce secteur et de cette taille ne doivent pas forcément faire l'objet d'un engagement de l'Etat", a-t-il déclaré à la presse en sortant d'une audition devant la commission des Affaires économiques et monétaires.

Ces propos semblent aller à l'encontre de la position de la France qui, selon une source gouvernementale française, veut rester au capital d'EADS et garder une capacité d'influence au sein de cette entreprise.

"La France souhaite rester au capital d'EADS. Nous souhaitons garder une influence sur les principales décisions. On peut imaginer plusieurs formules possibles" à propos de la participation française au capital et au conseil d'administration de la nouvelle entité qui serait formée par EADS et BAE a dit à Reuters cette source, qui a souhaité rester anonyme.

Tandis qu'EADS et BAE Systems souhaitent limiter l'intervention des États, susceptibles de décourager certains investisseurs et d'autres États de passer des commandes, les politiques craignent que le groupe soit la cible d'une OPA et que les emplois soient menacés.

EADS emploie 133.000 personnes dans le monde.

Selon la législation britannique sur les fusions et acquisitions, EADS et BAE ont jusqu'au 10 octobre pour définir un projet détaillé de fusion mais les rumeurs de prolongation se font de plus en plus pressantes.   Suite...

 
<p>VERS UNE FUSION D'EADS ET DE BAE ?</p>