L'union bancaire, ligne de fracture, selon des députés européens

mercredi 26 septembre 2012 18h00
 

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - La création d'une union bancaire pour contribuer au règlement de la crise de la dette dans la zone euro pourrait conduire à une fracture au sein de l'Union européenne à 27, ont averti mercredi des élus allemands au cours d'un débat au Parlement européen qui a révélé de profondes tensions sur le sujet.

Début septembre, la Commission européenne a proposé que la Banque centrale européenne prenne en charge la supervision de la totalité des banques de la zone euro, première étape d'une union bancaire qui permettra, le cas échéant, aux différents pays membres de venir collectivement en aide au secteur.

Mais les dix pays de l'UE qui n'utilisent pas l'euro redoutent d'être indirectement concernés par les nouvelles attributions de la BCE, au risque d'être désavantagés.

"Pourquoi avoir un mécanisme unique de supervision (pour la zone euro) quand on laisse de côté le Royaume-Uni et ses 60% des marchés financiers?", s'est interrogé Werner Langen, un député européen allemand, lors du débat de mercredi au sein de l'influente commission des affaires économiques et monétaires.

"Au lieu d'un mécanisme unique de supervision, on se retrouve avec une division de l'Europe, une division très explosive".

"Ce dont on ne veut pas, c'est de voir les Britanniques faire bande à part, organiser un référendum et nous dire (...) qu'ils en ont assez", a renchéri un autre élu allemand, Wolf Klinz.

L'union bancaire, destinée à rétablir la confiance dans le secteur bancaire après près de cinq ans de crise, se construirait en trois étapes : l'attribution à la BCE de la supervision des banques de la zone euro et d'autres qui le demanderaient; la création d'un fonds unique pour fermer et régler le passif des banques faillies et la mise en place d'un mécanisme global de protection des dépôts des épargnants.

L'union bancaire permettrait par ailleurs au nouveau Mécanisme européen de stabilité (MES) de renflouer directement les banques qui auraient un besoin urgent de capitaux, comme en Espagne actuellement.   Suite...