26 septembre 2012 / 15:28 / il y a 5 ans

Paris veut rester au capital d'EADS et garder une influence

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - La France veut rester au capital d‘EADS et garder une capacité d‘influence au sein de cette entreprise, au coeur d‘un projet de fusion avec BAE Systems, a-t-on appris mercredi de source gouvernementale française.

“La France souhaite rester au capital d‘EADS. Nous souhaitons garder une influence sur les principales décisions”, a déclaré cette source à Reuters.

“On peut imaginer plusieurs formules possibles” à propos de la participation française au capital et au conseil d‘administration de la nouvelle entité, a ajouté cette source, qui a souhaité rester anonyme.

Selon un député Vert allemand ayant rencontré le patron d‘EADS, Tom Enders, la question même de la faisabilité du projet est posée par le gouvernement allemand, au terme de plusieurs semaines d‘intenses négociations aux niveaux industriel et gouvernemental.

“Le débat existe en Allemagne, il suffit de lire la presse”, a dit à ce sujet la source française. “Mais à notre connaissance, aucune décision, ni positive, ni négative, n‘a été prise”.

Selon la législation britannique sur les fusions et acquisitions, EADS et BAE ont jusqu‘au 10 octobre pour définir un projet détaillé de fusion mais les rumeurs de prolongation se font de plus en plus pressantes.

Paris juge pour sa part “courte” cette échéance “compte tenu de la complexité des choses qui sont sur la table, mais il faut demander aux entreprises”, a-t-on ajouté de même source.

La France est actuellement actionnaire d‘EADS à hauteur de 15%.

Berlin ne dispose pour l‘instant pas de participation directe dans EADS mais projette de reprendre une partie des titres actuellement détenus par le constructeur automobile allemand Daimler, par l‘intermédiaire de la banque publique KfW.

CONSEIL D‘ADMINISTRATION

Paris, Londres et Berlin cherchent à s‘entendre sur les modalités de création de cette nouvelle entité et le rôle futur des Etats actionnaires constitue l‘un des principaux écueils.

EADS a prévenu qu‘il renoncerait au projet de fusion avec BAE si le nouveau groupe devait se trouver soumis à une intervention excessive des États.

Le projet dévoilé le 12 septembre par les deux groupes prévoit qu‘EADS aurait 60% du capital du nouvel ensemble et BAE 40%.

Selon certaines sources, EADS et BAE envisagent d‘accorder des sièges au conseil d‘administration aux gouvernements français, allemand et britannique, afin que ceux-ci puissent y faire valoir leurs points de vue, notamment en matière d‘emploi et de transferts de technologie.

Une commission parlementaire britannique a par ailleurs annoncé lundi l‘ouverture d‘une enquête sur l‘impact de la fusion, alors que le Premier ministre David Cameron s‘est entretenu avec le Français François Hollande et l‘Allemande Angela Merkel sur la question.

Lors d‘un déplacement en Allemagne samedi dernier, le président français François Hollande a précisé que “l‘emploi, la stratégie industrielle, les activités de défense, les intérêts de nos Etats respectifs” constituaient les principales sources de questionnement de la France dans ce projet.

A la Bourse de Paris, l‘action EADS a terminé en baisse de 2,96% mercredi à 24,45 euros. A Londres, BAE Systems a cédé 2,56%.

Edité par Yves Clarisse

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