La France enterre le schiste avant même un débat de fond

mercredi 26 septembre 2012 12h13
 

par Marion Douet

PARIS (Reuters) - L'épineuse question des gaz de schiste ne sera réglée que si la France s'autorise une réflexion de fond sur l'intérêt de cet hydrocarbure qui a bouleversé la donne économique aux Etats-Unis, mais le gouvernement se retranche derrière l'interdiction d'une technique d'extraction pour s'y refuser.

A l'heure où la France s'engage dans une révolution énergétique censée marquer la fin du tout nucléaire, l'opportunité d'exploiter ou non cette énergie devrait être appréhendée de manière stratégique et globale, s'accordent à dire partisans et opposants de cette ressource.

Environ 11 millions de foyers français se chauffent ou cuisinent au gaz, dont le prix, indexé sur le cours du pétrole, a bondi de 30% ces dernières années quand, sur la même période, la production de gaz de schiste divisait par quatre les prix aux Etats-Unis, dopant la compétitivité de l'économie américaine.

Mais la France, où les polémiques se concentrent sur l'impact environnemental de la fracturation hydraulique, ne sait toujours pas si ses réserves sont importantes, exploitables ou rentables, soulignent industriels et économistes.

"On est dans l'irrationnel total", estime l'économiste spécialiste de l'énergie Jean-Marie Chevalier, soulignant que la droite comme la gauche s'abritent derrière la même posture : interdire la seule technique existante.

"Avant de dire oui ou non aux gaz de schiste il importe de savoir si on en a, quelle quantité, à quel coût et à quelle condition on peut les produire", ajoute-t-il.

Auteur de plusieurs ouvrages sur l'avenir énergétique de la France, il rappelle que même présent en grande quantité, le gaz français pourrait s'avérer inexploitable en raison notamment de ses propriétés ou de la roche dans laquelle il est emprisonné.

La seule estimation existante provient de l'Office américain d'information (EIA), qui a réalisé une étude théorique sur les ressources de l'Europe. Selon cet organisme, la France disposerait de quelque 5.000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, soit 90 ans de sa consommation actuelle.   Suite...

 
<p>LA FRACTURATION HYDRAULIQUE</p>