La méthode allemande pour l'automobile inspire Arnaud Montebourg

mardi 25 septembre 2012 14h18
 

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le gouvernement est favorable à un recours accru au chômage partiel, comme le font les Allemands, pour éviter la fermeture définitive des usines automobiles françaises en difficulté, a déclaré mardi le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Face à la chute des ventes de voitures en France et en Europe, les deux constructeurs français PSA Peugeot Citroën et Renault ont réduit la cadence de plusieurs de leurs sites d'assemblage à la rentrée alors qu'il sont déjà confrontés à des surcapacités de production.

Pour réduire ses capacités, PSA a en outre annoncé en juillet la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois en 2014.

"Je suis favorable à ce qu'on élargisse, à ce qu'on facilite l'usage du travail partiel, plutôt qu'on ferme des usines (...) c'est la stratégie allemande qui leur a tant réussi dans la crise", a dit Arnaud Montebourg au cours d'une rencontre avec la presse organisée par 7pmTV.

"Quand votre chiffre d'affaires s'écroule de 80%, la réaction française a été de mettre tout le monde à la porte, (...) de perdre les savoir-faire industriels, de perdre les compétences, de désoler des territoires", a-t-il ajouté.

"Les Allemands ont dit: nous nous serrons les coudes, nous finançons, ils ont mis six milliards dans le chômage partiel, pendant que nous on subventionnait les heures supplémentaires. Nous avons été cigale, les Allemands ont été fourmi."

La possibilité d'avoir recours à une plus grande flexibilité dans les usines automobiles françaises pour ajuster la production à la demande constitue une des grandes demandes des constructeurs hexagonaux. Le dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD), financé conjointement par l'entreprise, l'Etat et l'Unedic, ne peut excéder douze mois dans sa forme actuelle.

PSA, qui réclame l'extension de ce dispositif, a déjà négocié également avec ses syndicats un accord de flexibilité en échange de l'attribution d'un nouveau modèle sur le site de Sevelnord. Le numéro deux de Renault, Carlos Tavares, a indiqué pour sa part que si le groupe au losange gérait actuellement la situation difficile que connaissent ses sites à travers le chômage partiel, les usines françaises de Renault devaient à terme devenir plus compétitives.   Suite...

 
<p>Pour &eacute;viter la fermeture d&eacute;finitive des usines automobiles fran&ccedil;aises en difficult&eacute;, Arnaud Montebourg s'est dit mardi favorable &agrave; un recours accru au ch&ocirc;mage partiel, comme le font les Allemands. /Photo prise le 7 septembre 2012/REUTERS/Vincent Kessler</p>