Le Libor jugé peu fiable, mais pas d'alternative

lundi 24 septembre 2012 19h54
 

LONDRES (Reuters) - Le Libor, taux interbancaire au coeur d'un scandale international de manipulation de cours, n'est pas jugé fiable mais il n'existe pas à ce jour d'alternative crédible, selon une enquête réalisée auprès de douze gros émetteurs d'obligations corporate.

Pour autant, Gary Gensler, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) juge que le Libor devrait être bel et bien remplacé ou modifié.

Beaucoup d'emprunteurs contactés par Reuters ont sinon refusé de répondre à l'enquête compte tenu de la sensibilité du sujet.

Six sur 12 ont dit considérer que le Libor (London interbank offered rate) n'était pas une valeur de référence suffisamment juste pour mettre à prix leurs emprunts. Mais dix sur les 12 ont ajouté qu'ils n'envisageaient pas d'utiliser un autre indicateur.

"Les cours du Libor sont depuis de longues années un benchmark utile et tout autre indicateur, à mon avis, pourrait aussi être manipulé d'une façon ou d'une autre", a dit le trésorier d'une entreprise, en souhaitant rester anonyme.

Les 12 groupes interrogés ont emprunté quelque 212 milliards de dollars (165 milliards d'euros) entre mai 2011 et avril 2012, selon les données d'IFR (groupe ThomsonReuters).

Le Libor est utilisé pour établir les prix de 350.000 milliards de dollars de produits, allant des emprunts immobiliers aux crédits à la consommation. Plus d'une dizaine de banques sont soupçonnées de l'avoir manipulé et les régulateurs du monde entier réfléchissent aujourd'hui à des alternatives.

La banque Barclays a d'ores et déjà écopé, en juin, d'une amende record de plus de 450 millions de dollars (350 millions d'euros) et d'autres sanctions devraient suivre.

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<p>Le Libor (London interbank offered rate), le taux interbancaire au coeur d'un scandale international de manipulation de cours, n'est pas jug&eacute; fiable mais il n'existe pas &agrave; ce jour d'alternative cr&eacute;dible, selon une enqu&ecirc;te Reuters r&eacute;alis&eacute;e aupr&egrave;s de douze gros &eacute;metteurs d'obligations corporate. /Photo d'archives/REUTERS/Suzanne Plunkett</p>