Dexia AM table sur une hausse des taux allemands

vendredi 21 septembre 2012 17h27
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La crise de la dette dans la zone euro a montré qu'un émetteur souverain n'était plus à l'abri d'un défaut et que les emprunts d'Etat, y compris les Bunds allemands ou les Treasuries américains, ne constituaient plus des actifs sans risque, estime Dexia Asset Management.

Lors d'un entretien accordé vendredi à Reuters, Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia AM, a expliqué que si le positionnement sur des valeurs refuges traditionnelles, comme les obligations d'Etat américaines, japonaises ou allemandes, relevait jusqu'à présent d'une stratégie payante, il posait de sérieux risques à plus long terme.

C'est pourquoi, il propose une stratégie alternative avec des portefeuilles décorrélés des indices obligataires de référence (benchmarks) qui font la part belle aux titres des pays les plus endettés.

Dans l'indice JPM GBI Global, les Etats-Unis et le Japon comptent pour plus de 60% en raison de la taille de leurs encours, le Royaume Uni pour 7%, la France et l'Allemagne pour 6% chacune.

"Le Japon et les Etats-Unis sont confrontés à une dette colossale, représentant plus de 200% et de 100% de leur produit intérieur brut (respectivement)", a dit Nicolas Forest.

"Si l'Allemagne est mieux lotie en termes de ratio dette/PIB ou de déficit/PIB, elle n'est pas immunisée contre la crise de la dette", a-t-il ajouté en précisant qu'il s'attendait à une remontée du rendement à 10 ans allemand, au-dessus de 2% contre 1,6% vendredi en fin d'après-midi.

Comme une très large majorité d'acteurs du marché, Nicolas Forest se félicite des décisions de la Banque centrale européenne (BCE) de racheter sans limite les obligations d'un pays de la zone euro qui souffrirait de taux d'intérêt anormalement élevés, à condition qu'il obtienne formellement l'aide du Mécanisme européen de stabilité (MES).

GESTION DÉCORRÉLÉE DES INDICES   Suite...

 
<p>Selon Dexia Asset Management, la filiale du groupe bancaire europ&eacute;en Dexia, la crise de la dette dans la zone euro a montr&eacute; qu'un &eacute;metteur souverain n'&eacute;tait plus &agrave; l'abri d'un d&eacute;faut et que les emprunts d'Etat ne constituaient plus des actifs sans risque. La soci&eacute;t&eacute; de gestion d'actifs s'attend par cons&eacute;quent &agrave; une remont&eacute;e du rendement &agrave; 10 ans des Bunds allemands. /Photo prise le 7 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Jacky Naegelen</p>