Le Brésil menace de relancer la "guerre des devises"

vendredi 21 septembre 2012 16h17
 

par Ana Nicolaci da Costa et Sujata Rao

LONDRES (Reuters) - Le Brésil a menacé vendredi d'adopter de nouvelles mesures contre les mouvements de capitaux étrangers à visées spéculatives, un tir de semonce dans une "guerre des devises" dont il rend responsable le recours massif à la planche à billets par les grandes banques centrales.

Le ministre des Finances, Guido Mantega, a déclaré que son pays ne laisserait pas sa monnaie s'apprécier exagérément et qu'il était prêt à prendre des mesures pour l'empêcher, y compris "celles que nous avons prises par le passé".

"Si nécessaire (...), nous avons (la possibilité) de taxer les capitaux à court terme", a-t-il précisé à des journalistes en marge d'une conférence à Londres.

Le Brésil a mis en oeuvre depuis 2009 un certain nombre de mesures visant à freiner l'afflux de capitaux en dollars sur ses marchés, qui a pour effet une appréciation rapide du real, mais il a récemment adouci ce dispositif.

Guido Mantega est un adversaire déclaré des politiques d'achats massifs d'actifs sur les marchés mises en oeuvre par les banques centrales des principaux pays industrialisés pour soutenir l'activité économique. A ses yeux, ces politiques équivalent à une dévaluation de fait des monnaies des pays concernés pour renforcer leur compétitivité internationale.

Une partie des capitaux injectés ces dernières années dans le cadre de ces politiques dites d'"assouplissement quantitatif" (QE) ont été réinvesties dans les pays émergents où les taux d'intérêt et les rendements sont plus élevés.

LA BANQUE CENTRALE CONTINUERA D'ACHETER DU DOLLAR

Pour Guido Mantega, la décision de la Réserve fédérale américaine ce mois-ci de lancer un troisième "QE" et l'annonce similaire de la Banque du Japon il y a quelques jours risque de raviver la "guerre des devises" mondiale en obligeant d'autres pays à prendre des mesures pour protéger leur économie.   Suite...

 
<p>Le Br&eacute;sil menace d'adopter de nouvelles mesures contre les mouvements de capitaux &eacute;trangers &agrave; vis&eacute;es sp&eacute;culatives, un tir de semonce dans une "guerre des devises" dont il rend responsable le recours massif &agrave; la planche &agrave; billets par les grandes banques centrales. Le ministre des Finances, Guido Mantega, a d&eacute;clar&eacute; que son pays ne laisserait pas sa monnaie s'appr&eacute;cier exag&eacute;r&eacute;ment et qu'il &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; prendre des mesures pour l'emp&ecirc;cher. /Photo prise le 14 septembre 2012/REUTERS/Nacho Doce</p>