Même face à EADS-BAE, Dassault restera incontournable

vendredi 21 septembre 2012 10h11
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Même face à l'émergence d'un géant issu d'une fusion entre EADS et BAE Systems, Dassault Aviation dispose encore de solides arguments à faire valoir pour rester durablement incontournable dans le secteur français de la défense, estiment des analystes et des experts du secteur.

Si elle se concrétise, la constitution du nouveau leader européen de l'aéronautique et de la défense pourrait entraîner une vague de consolidation entre les champions français, voire européens, du secteur dans laquelle Dassault Aviation aura forcément son mot à dire, soulignent-ils.

L'idée d'une fusion entre les deux équipementiers tricolores Safran et Thales refait ainsi surface. L'Etat détient 30% de Safran et 27% de Thales, dont Dassault Aviation est le deuxième actionnaire avec 26%.

"Si l'opération EADS-BAE se fait, cela poussera les autres à se regrouper, cela ferait un tel écart de taille ! La fusion Thales-Safran, c'est une bonne idée depuis 2000", note un dirigeant du secteur.

L'ensemble EADS-BAE afficherait un chiffre d'affaires plus de 72 milliards d'euros sur la base des résultats de 2011 contre 28 milliards pour Thales, Safran et Dassault Aviation réunis.

"Une logique de consolidation d'un ensemble Dassault-Thales-Safran sous le leadership de Dassault est difficile à concevoir, eu égard à la taille de Thales et Safran et au capital à mobiliser pour assurer le contrôle", note cependant Damien Lasou, responsable mondial d'expertise aéronautique et défense au sein du cabinet Accenture.

"Ceci dit, si Dassault Aviation peut avoir sa voix dans cet ensemble-là en tant qu'actionnaire minoritaire, cela reste intéressant".

Ce tsunami dans le secteur européen de la défense intervient cependant dans une phase délicate de l'histoire de l'avionneur, confronté à la perspective d'une double succession, celle de son PDG Charles Edelstenne qui devrait laisser son fauteuil début 2013 à l'âge de 75 ans et celle à venir de Serge Dassault, patron de la holding éponyme, âgé de 87 ans.   Suite...

 
<p>L'avion de combat Rafale de Dassault. M&ecirc;me face &agrave; l'&eacute;mergence d'un g&eacute;ant issu d'une fusion entre EADS et BAE Systems, Dassault Aviation dispose encore de solides arguments &agrave; faire valoir pour rester durablement incontournable dans le secteur fran&ccedil;ais de la d&eacute;fense, estiment des analystes et des experts du secteur. /Photo d'archives/REUTERS/Michael Buholzer</p>