20 septembre 2012 / 14:08 / il y a 5 ans

Air France mise sur la maintenance comme relais de croissance

<p>En difficult&eacute; sur son m&eacute;tier de transporteur, Air France-KLM mise sur son activit&eacute; de maintenance pour profiter de la forte croissance en Asie et en Afrique li&eacute;e au d&eacute;veloppement des compagnies a&eacute;riennes locales. /Photo prise le 26 juillet 2012/Eric Gaillard</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - En difficulté sur son métier de transporteur, Air France-KLM mise sur son activité de maintenance, la seule bénéficiaire, pour profiter de la forte croissance en Asie et en Afrique liée au développement des compagnies aériennes locales.

Selon le cabinet Oliver Wyman, le marché mondial de la maintenance et la réparation d'avions devrait atteindre 50,8 milliards de dollars en 2014, une croissance annuelle moyenne de 5,2% depuis le début de la décennie qui attise les convoitises.

Les équipementiers, les motoristes et les constructeurs d'avions ont en effet déjà largement développé leur service après-vente ces dernières années, en proposant des solutions de maintenance de plus en plus intégrées.

"La bataille sur les services peut changer les rapports de force", souligne Ali Rekik, associé chez Roland Berger Strategy Consultants. "Pour les grandes compagnies traditionnelles c'est une piste de marge non négligeable et c'est stratégiquement important pour elles d'être sur ce marché".

Les grandes compagnies, qui ont développé un important savoir-faire en interne, ne sont en effet pas en reste.

Sur ce marché en croissance, grâce à des flottes toujours plus importantes et vieillissantes, Air France est confronté à deux grandes filiales de compagnies aériennes : l'allemand Lufthansa Technics et l'américain Delta TechOps, filiale de Delta Air Lines.

UNE CENTAINE D'EMPLOIS PAR AN

Air France, qui va supprimer 5.122 suppressions d'emplois dans l'ensemble de la compagnie d'ici fin 2014, a identifié 660 postes en trop dans l'entretien des avions d'ici fin 2013.

La compagnie espère toutefois recréer une centaine d'emplois par an à partir de 2015, en développant ses activités d'équipements et de maintenance de moteurs pour les tiers.

"Le transport aérien c'est un monde de réactivité, de rapidité et pour être parfaitement efficace il faut être de ce métier", a déclaré à Reuters Franck Terner, directeur général d'Air France Industries.

"Il faut savoir parfois dépenser un petit peu plus d'argent sur le coût direct de la maintenance pour sauver plusieurs jours d'immobilisation d'un avion", a-t-il souligné.

Signe de sa détermination, le groupe franco-néerlandais se montre particulièrement inflexible quant il s'agit de défendre son pré carré dans la maintenance.

La signature de la commande de 25 long-courriers A350 à Airbus, annoncée il y a un an, pourrait prendre encore plusieurs mois en raison de tractations entre Air France et le motoriste Rolls-Royce, chacun voulant assurer l'entretien des moteurs.

Dans les moteurs et les équipements, les plus rentables, Air France-KLM vise une croissance de l'ordre de 10% par an dans les cinq ans à venir.

"C'est très difficile de gagner beaucoup d'argent dans la maintenance et la réparation d'avions" observe Tim Hoyland, associé chez Oliver Wyman basé aux Etats-Unis.

"Mais Lufthansa Technics et Air France KLM ont des sociétés d'ingénierie bien implantées qui leur permettent d'être efficaces pour le maintien des avions même dans une région où les coûts sont élevés".

Au premier semestre, l'activité maintenance d'Air France-KLM a réalisé un chiffre d'affaires total de 1,57 milliard d'euros dont 523 millions d'euros avec des clients tiers et a dégagé un résultat d'exploitation de 56 millions d'euros contre un résultat de 49 millions d'euros un an plus tôt.

PROJETS EN INDE ET EN CHINE

Air France-KLM, qui a acquis l'an passé 26% de la société de maintenance MAX MRO Services en Inde, étudie l'ouverture d'un atelier de réparation dans le centre du pays, très probablement à Nagpur, dans le centre du pays, a déclaré Franck Terner.

En Chine, le groupe va ouvrir à Shanghai un atelier d'avionique - les équipements électroniques des avions - et discute de prises de participation dans des entreprises locales spécialisées dans la mécanique à Shanghai et à Xi'an, a-t-il ajouté.

"La Chine est un marché qui se développe à vitesse grande V, mais qui est difficile à pénétrer si vous n'êtes pas localement implanté parce que les clients chinois sont attentifs à la qualité délivrée et au développement de l'emploi sur leur sol", a expliqué Franck Terner.

Le groupe discute également avec des partenaires potentiels en Asie du Sud-Est et en Afrique subéquatoriale.

Air France-KLM contrôle déjà une coentreprise à parité avec Royal Air Maroc, baptisée Aerotechnic Industries (ATI), basée à l'aéroport de Casablanca et s'occupe du grand entretien des avions moyen-courriers, dont celui des appareils d'Air France.

Le groupe est également présent à Miami avec Aero Maintenance Group, filiale à 100% spécialisée dans le support équipements et les aérostructures pour l'Amérique du Nord et du Sud).

Il a également à son actif la reconfiguration majeure de la cabine de 10 Boeing 777-200 d'Alitalia ou la modernisation des systèmes de navigation des C135 de l'Armée de l'air française.

Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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