Paris et Berlin cherchent une position commune sur EADS-BAE

mercredi 19 septembre 2012 15h56
 

par Gernot Heller et Victoria Bryan

BERLIN/FRANCFORT (Reuters) - La France et l'Allemagne espèrent parvenir cette semaine à une position commune sur le projet de fusion entre EADS et BAE Systems, qu'elles approuvent a priori mais qui remet en cause leur influence stratégique sur EADS.

Aucun gouvernement n'a à ce jour critiqué le projet de rapprochement dévoilé la semaine dernière, qui aurait l'avantage de donner naissance à un géant européen de la défense bien plus puissant sur la scène mondiale que ne le sont actuellement EADS et BAE Systems. Mais chaque partie a fait part de préoccupations et d'exigences qui, mises bout à bout, risquent de faire capoter l'opération.

La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé mercredi qu'elle évoquerait le sujet samedi avec le président français François Hollande lors de l'entretien qu'ils auront à Ludwisgburg .

Des sources avaient auparavant fait état de discussions préparatoires prévues jeudi et vendredi entre Français et Allemands et censées déboucher sur une "pré-décision" en vue d'une position commune.

La fusion entre le groupe britannique de défense BAE Systems et EADS, la maison-mère d'Airbus, donnerait naissance au numéro un mondial de l'aéronautique et de la défense par le chiffre d'affaires, devant l'américain Boeing.

50.000 SALARIÉS EN ALLEMAGNE

L'Allemagne n'a pas encore adopté de position officielle sur le sujet mais certains responsables politiques ont d'ores et déjà réclamé des garanties sur l'implantation d'activités et la sauvegarde d'emplois dans le pays.

"Ce n'est pas possible qu'un groupe franco-britannique soit créé à partir d'un groupe franco-allemand", a dit à Reuters Joachim Pfeiffer, porte-parole de la CDU -le parti d'Angela Merkel. L'Allemagne, a-t-il résumé, opposera son veto à la fusion si le nouveau groupe prévoit d'implanter ses activités commerciales à Toulouse et ses activités de défense à Londres.   Suite...

 
<p>La France et l'Allemagne esp&egrave;rent parvenir cette semaine &agrave; une position commune sur le projet de fusion entre EADS et BAE Systems, qu'elles approuvent a priori mais qui remet en cause leur influence strat&eacute;gique sur EADS. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz/David Moir</p>