L'"effroi" des patrons français face au budget 2013

mardi 18 septembre 2012 13h28
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les chefs d'entreprise fustigent la décision de François Hollande d'augmenter les impôts de 20 milliards d'euros l'an prochain sans véritablement réduire les dépenses, un choix qui pénalisera selon eux une économie française très fragile.

A dix jours de la présentation du projet de budget 2013, cette thèse est renforcée par la diffusion de rapports montrant l'existence de gisements d'économies importants, dans les agences publiques, les comptes sociaux ou les collectivités.

"Nous regardons le budget, tel qu'il est en train de se préparer, avec effroi", a dit Laurence Parisot, présidente du Medef, la plus grande organisation patronale française, lors d'une conférence de presse mardi.

"Nous ne nous attaquons toujours pas au coeur du problème", la dépense publique, qu'il faudrait selon elle réduire deux fois plus qu'on augmente les impôts. "Nous craignons que les ménages et les entreprises adoptent des comportements qui ne seront pas favorables à la consommation ou à l'investissement, et donc à la stimulation de la croissance."

Le projet de budget 2013, qui sera présenté le 28 septembre en conseil des ministres, cherchera une trentaine de milliards d'euros pour tenir l'objectif de réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut fin 2013 contre 4,5% fin 2012, a annoncé François Hollande.

L'effort portera pour 10 milliards d'euros sur les dépenses, 10 milliards sur des hausses d'impôts pour les entreprises et 10 milliards sur des hausses d'impôts pour les particuliers, a-t-il précisé.

Plutôt qu'une baisse des dépenses publiques, l'exécutif prévoit de stabiliser en valeur la dépense de l'Etat, hors dette et pensions de retraite, c'est-à-dire de faire porter aux ministères le coût de l'inflation l'an prochain.

La dépense publique globale, qui comprend en outre les comptes sociaux et ceux des collectivités locales, continuerait d'augmenter, mais à un rythme moins important que dans le passé, limité à 0,8% par an.   Suite...

 
<p>Laurence Parisot, la pr&eacute;sidente du Medef, a jug&eacute; mardi inqui&eacute;tante la volont&eacute; du gouvernement fran&ccedil;ais d'augmenter les imp&ocirc;ts pour d&eacute;gager 30 milliards d'euros dans le cadre du budget 2013. /Photo prise le 29 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Charles Platiau</p>