Les petites banques craignent la supervision de la BCE

lundi 17 septembre 2012 16h09
 

par Arno Schuetze et Silvia Aloisi

FRANCFORT/MILAN (Reuters) - Dans la petite cité touristique de Bad Sachsa, au pied du Harz, les 46 employés de la caisse d'épargne locale s'inquiètent des nouveaux pouvoirs de supervision bancaire dont la Banque centrale européenne pourrait user dès l'an prochain.

Sparkasse Bad Sachsa sera l'une des plus petites des 6.000 banques que la BCE aura sous sa supervision dans le cadre du projet d'union bancaire dévoilé la semaine dernière par la Commission européenne.

"Nous craignons que l'approche régionale qui est la nôtre ici - nous n'avons pas d'objectifs de rentabilité de 20-25% - ne soit plus acceptée", explique un de ses administrateurs, Ralf Müller. "Les régulateurs peu au fait des particularités régionales jugeront notre surface financière insuffisante et nous mettront dans le même sac que d'autres établissements qui, eux, ont de véritables problèmes".

Les réserves de Sparkasse Bad Sachsa reflètent le désaccord entre Berlin et Bruxelles sur la portée de l'union bancaire.

"D'un simple point de vue pratique, il semble impossible pour la BCE de surveiller correctement 6.000 banques", a réagi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, après la présentation du plan par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Les deux parties sont toutefois condamnées à trouver un terrain d'entente, tant l'union bancaire est indispensable au règlement de la crise de la dette dans la zone euro.

"Il faut qu'elle se fasse", affirme Chris Wheeler, analyste chez Mediobanca à Londres. "Sans l'union bancaire, il n'y a pas d'Union européenne: c'est un pan essentiel de l'union monétaire et budgétaire".

LES MÊMES RÈGLES POUR TOUS   Suite...

 
<p>Les 6.000 petites banques de la zone euro s'inqui&egrave;tent des nouveaux pouvoirs de supervision bancaire dont la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) pourrait user d&egrave;s l'an prochain. Elles redoutent notamment que la BCE ne tienne pas compte des particularit&eacute;s r&eacute;gionales ou de l'absence d'objectifs de rentabilit&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>