EADS-BAE, la fusion sous la menace des exigences politiques

lundi 17 septembre 2012 19h46
 

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Les discussions pour créer un nouveau géant européen de la défense entrent dans une phase politique périlleuse, sur fond d'avertissements concernant la sécurité et l'emploi, alors qu'EADS et BAE Systems paraissent prêts à renoncer à leur projet de fusion si les gouvernements réclament trop de concessions.

Après la présentation par les deux entreprises des grandes lignes de leur projet visant à créer le plus grand groupe mondial de défense couplé à Airbus, c'est au tour des gouvernements britannique, français, allemand et espagnol de faire part de leurs exigences.

Chaque partie avance une liste de préoccupations : la crainte pour l'emploi en Allemagne, la perte de l'influence de l'Etat au sein d'EADS pour la France ou l'assurance pour la Grande-Bretagne que l'émergence du nouveau géant européen n'entamera pas les ventes de BAE Systems aux Etats-Unis.

"Nous posons beaucoup de questions concernant l'intérêt stratégique d'une telle fusion, les conséquences industrielles, les synergies possibles entre les deux entreprises, la gouvernance de l'entité, l'avenir de notre industrie de défense et l'emploi en France", a déclaré lundi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Londres.

Tout en prenant garde d'éviter des pressions sur les Etats qui détiennent les clés de la création du nouveau groupe - et qui seront également ses principaux clients - des sources de l'industrie de la défense ont insisté sur la volonté d'éviter des négociations interminables et des concessions en cascade.

Selon une source proche des discussions, les deux groupes sont prêts à écouter attentivement les gouvernements mais soulignent que leurs réponses pourraient "faire ou défaire" l'opération.

EADS et BAE se sont refusés à tout commentaire sur les risques politiques liés à l'opération. La maison mère d'Airbus a toutefois confirmé que les deux groupes auraient le dernier mot après avoir entendu les opinions des pouvoirs politiques.

"Nous sommes dans de bonnes discussions, à un stade avancé, avec les gouvernements concernés", a déclaré un porte-parole d'EADS.   Suite...

 
<p>L'Eurofighter Typhoon produit par BAE systems et l'A320 d'Airbus, filiale d'EADS. Selon les analystes, les deux groupes pourraient renoncer &agrave; leur projet de fusion si les gouvernements r&eacute;clament trop de concessions en raison des risques politiques li&eacute;s &agrave; la s&eacute;curit&eacute; et &agrave; l'emploi. /Photos prises le 10 juillet et le 7 septembre 2012/REUTERS/Phil Noble/Luke MacGregor</p>