Le projet EADS-BAE rebat les cartes dans la défense en France

jeudi 13 septembre 2012 21h57
 

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Le rapprochement d'EADS et de BAE Systems, s'il se concrétise, va accélérer la mue attendue du secteur de la défense en France.

L'alliance apparaît à l'évidence pour ses promoteurs comme une contribution idéale à "l'Europe de la défense" avec l'émergence d'un leader mondial. Elle devrait logiquement être présentée comme telle par les directions des deux groupes début octobre.

Les experts interrogés par Reuters notent toutefois qu'elle soulève des préoccupations de souveraineté et de concurrence ainsi que des arbitrages sensibles en matière de programmes, susceptibles d'entraîner d'autres mouvements de consolidation.

"Les mathématiques ne prennent pas nécessairement en compte les hommes. On additionne des périmètres et des chiffres d'affaires et on se félicite de ce que le nouvel ensemble sera beaucoup plus gros que Boeing", explique une source industrielle.

"Sauf que l'on parle de quatre pays différents au capital de l'entité ainsi constituée (Allemagne, France, Espagne et Royaume-Uni, NDLR), peut-être cinq si l'Italie est amenée à participer ultérieurement. Il y aura des problèmes de souveraineté et de culture d'entreprise, rien ne garantit son efficacité industrielle", ajoute cette source selon laquelle des choix en France vont devoir intervenir rapidement.

Les difficultés rencontrées par EADS dans l'assemblage de l'avion de transport militaire A400M sont encore dans les mémoires des états-majors et des gouvernements, contraints de pallier les surcoûts liés aux retards du programme.

DRONES ET AVIONS DE COMBAT

Le ministre de la Défense du gouvernement Ayrault, Jean-Yves Le Drian, va devoir choisir dans les prochaines semaines les industriels retenus pour la fourniture à l'armée française d'une nouvelle génération de drones (avions sans pilote) de surveillance Male (moyenne altitude longue endurance).   Suite...

 
<p>Le rapprochement d'EADS et de BAE Systems, s'il se concr&eacute;tise, va acc&eacute;l&eacute;rer la mue attendue du secteur de la d&eacute;fense en France. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>