Les raisons du silence radio de l'Elysée sur EADS-BAE

jeudi 13 septembre 2012 20h36
 

par Julien Ponthus et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - A la différence de la naissance en fanfare d'EADS, annoncée en 2000 comme une réussite industrielle majeure de l'Europe, le projet de fusion entre EADS et BAE Systems n'a suscité pour le moment aucune réaction officielle de François Hollande.

Ayant fait de sa politique industrielle une priorité, le chef de l'Etat est monté en première ligne sur des dossiers comme celui de la restructuration de PSA. Mais il n'a jusqu'ici pas dit un mot, à la surprise générale, sur une transaction à même de bouleverser l'industrie européenne de la défense.

C'est que bien qu'informés il y a plusieurs mois des discussions en cours, le gouvernement français n'a pas eu l'initiative dans ce dossier et a joué un rôle passif, jugent les observateurs.

"Si les Etats ne communiquent pas, c'est parce que c'est le 'deal' de Tom Enders (président exécutif d'EADS) et pas le leur", juge une source proche du dossier.

De plus, le timing de l'annonce n'était pas celui attendu par les autorités françaises, ni d'ailleurs celui prévu par les entreprises elles-mêmes.

Pour Patricia Adam, présidente socialiste de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale, l'annonce de l'étude de la fusion entre EADS et BAE a été précipitée avant qu'un accord définitif n'ait pu être trouvé.

"L'annonce ne s'est pas faite, si j'ai bien compris, à l'initiative de ces deux grandes entreprises européennes, visiblement, il y a eu une fuite", a-t-elle déclaré à Reuters.

Cette parlementaire souligne que l'Etat doit encore s'assurer de nombreuses garanties.   Suite...

 
<p>Le projet de fusion entre EADS et BAE Systems n'a suscit&eacute; pour le moment aucune r&eacute;action officielle de Fran&ccedil;ois Hollande. Un silence notamment d&ucirc; au fait que le gouvernement fran&ccedil;ais n'a pas eu l'initiative dans ce dossier et a jou&eacute; un r&ocirc;le passif, selon les observateurs. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz/David Moir</p>