Bernard Arnault envoie un message et prépare sa succession

lundi 10 septembre 2012 17h27
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - En demandant la double nationalité franco-belge, le PDG de LVMH envoie un message politique à François Hollande et prépare la transmission d'un groupe mondial encore contrôlé par des capitaux familiaux, estiment des experts fiscalistes.

Bernard Arnault a provoqué une onde de choc politique avec la révélation, ce week-end, de sa demande de nationalité belge, en pleine polémique sur le projet gouvernemental de taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros par an.

Il s'est défendu de toute volonté d'exil fiscal et a mis en garde contre toute "interprétation politique" de sa démarche.

Selon son entourage, sa demande serait liée à de possibles investissements futurs en Belgique, aux côtés de son ami et financier Albert Frère avec lequel il a racheté le prestigieux château Cheval Blanc, premier grand cru classé de Saint-Emilion, et qui siège au conseil d'administration de LVMH.

Pourtant, des avocats belges soulignent qu'avoir la nationalité n'est nullement nécessaire à quelque investissement que se soit en Belgique.

"Si Bernard Arnault veut faire un investissement, même dit sensible, en Belgique, il n'a absolument pas besoin d'acquérir la nationalité belge", souligne Jean-Pierre Magremanne, avocat fiscaliste du cabinet belge Xirius.

Compte tenu de sa position de PDG du premier groupe mondial de luxe, il ne peut pas se comporter "comme un entrepreneur lambda qui demanderait à être résident en Belgique pour des raisons purement fiscales", suggère un autre expert.

En demandant d'abord la nationalité belge, il fait un premier pas qui lui permettrait de faire, plus tard et plus élégamment, sa demande de résidence, estime-t-il.   Suite...

 
<p>En demandant la double nationalit&eacute; franco-belge, le PDG de LVMH Bernard Arnault envoie un message politique &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande et pr&eacute;pare la transmission d'un groupe mondial encore contr&ocirc;l&eacute; par des capitaux familiaux, selon des experts fiscalistes. /Photo d'archives/REUTERS/Valentin Flauraud</p>