9 septembre 2012 / 16:02 / il y a 5 ans

La Fed susceptible de lancer un 3e programme d'assouplissement

par Pedro Nicolaci da Costa

<p>La R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine devrait annoncer cette semaine un nouveau programme de rachat d'obligations souveraines afin de faire baisser encore davantage les co&ucirc;ts d'emprunt et de dynamiser une activit&eacute; &eacute;conomique qui ne cro&icirc;t pas suffisamment pour faire reculer le ch&ocirc;mage. /Photo prise le 1er ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Larry Downing</p>

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale devrait annoncer cette semaine un nouveau programme de rachat d‘obligations souveraines afin de faire baisser encore davantage les coûts d‘emprunt et de dynamiser une activité économique qui ne croît pas suffisamment pour faire reculer le chômage.

Malgré l‘opposition affichée de Mitt Romney, candidat républicain à la Maison blanche, à un troisième programme d‘assouplissement quantitatif (“QE3”) et des dissensions internes à la banque centrale américaine, les économistes sont d‘avis que les mauvais chiffres de l‘emploi du mois d‘août vont conduire la Fed à agir.

Le nombre de créations d‘emplois le mois dernier aux Etats-Unis n‘a été que de 96.000, selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail, contre 141.000 en juillet (révisé de 163.000). Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 125.000 créations de postes. “La Réserve fédérale va assouplir à nouveau. Il y a trop de personnes sans emploi et le taux de chômage est trop élevé à ce stade d‘une reprise économique”, a estimé Sung Won Sohn, professeur d‘université en Californie.

Contrairement à la Banque centrale européenne (BCE), dont le seul mandat est de garantir la stabilité des prix à la consommation, la politique monétaire de la Fed a un double objectif, contenir les pression inflationnistes et créer les conditions du plein emploi.

Si la Fed s‘engageait dans un nouveau programme d‘assouplissement quantitatif à l‘issue, jeudi, de la réunion de son comité de politique monétaire étalé sur deux jours, elle agirait une semaine après que la BCE a avalisé le lancement d‘un nouveau programme de rachats d‘obligations souveraines sur le marché secondaire.

Ce programme est potentiellement illimité et destiné à réduire les coûts de financement de pays de la zone euro sous pression afin de tourner la page de la crise de l‘euro.

Après la publication des chiffres de l‘emploi vendredi, la probabilité estimée par les économistes d‘un lancement imminent par la Réserve fédérale d‘un nouveau cycle de rachats d‘obligations a fortement augmenté, la médiane des réponses des 59 experts interrogés donne une probabilité de 60% du lancement d‘un “QE3” contre un taux de 45% lors d‘une enquête réalisée le 24 août.

QUEL IMPACT SUR LA CROISSANCE ?

Le premier programme d‘assouplissement quantitatif remonte à la crise financière de 2007-2009, quand la Fed, après avoir ramené ses taux d‘intérêt à quasiment zéro, a racheté quelque 2.300 milliards de dollars de titres de dette et créances immobilières pour faire baisser le loyer de l‘argent et soutenir la croissance.

Qualifiant la stagnation du marché du travail de “grave préoccupation”, le président de la Fed, Ben Bernanke, a laissé entendre lors de son discours la semaine dernière à Jackson Hole (Wyoming) que la décision d‘un “QE3” pourrait être prise lors de la réunion des 12 et 13 septembre.

Selon bon nombre d’économistes, le nouveau programme d‘assouplissement quantitatif ressemblera au premier, avec un mélange de rachat de Treasuries et d‘actifs adossés à des crédits immobiliers (Mortgage-backed securities (MBS)).

Certains pensent que le rachat de MBS est susceptible de faire les intérêts assortis aux prêts immobiliers et donc de doper un secteur immobilier, jugé essentiel à une reprise durable ; qui a montré récemment quelques signes d‘amélioration.

Mais beaucoup s‘interrogent sur l‘effet de la politique monétaire sur l‘activité économique américaine, qui n‘a crû que de 1,7% au deuxième trimestre.

“Un ”QE3“ fera du bien au marché actions, plombera le dollar mais n‘aura guère d‘incidence sur l’économie. Mais que peut faire d‘autre une Fed qui doit agir ?”, a déclaré Joseph Trevisani, analyste technique chez Worldwide Markets.

Certains experts pensent que, contrairement aux précédents programmes d‘assouplissement quantitatif, le “QE3” sera illimité, ce qui permettra à la Fed de l‘ajuster de manière régulière pour être au plus près de la situation économique.

A moins de deux mois d‘une élection présidentielle américaine qui s‘annonce serrée - et dont le chômage est un des thèmes majeurs - toute nouvelle mesure de soutien à l’économie de la Fed prendrait une coloration particulière.

Mitt Romney a répété vendredi qu‘un “QE3” ne ferait rien pour stimuler l‘activité économique, ajoutant qu‘il ne reconduirait pas le mandat de Ben Bernanke, qui expire début 2014.

Les responsables de la Fed ne cessent de répéter que les décisions de la banque centrale sont basées sur de seules considérations économiques.

La Fed annoncera sa décision de politique monétaire jeudi à 16h30 GMT, elle fournira ses prévisions économiques à 18h00 GMT et Ben Bernanke fera une conférence de presse à 18h15 GMT.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

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