L'Espagne priée d'agir après l'ouverture des vannes par la BCE

vendredi 7 septembre 2012 16h44
 

par Paul Taylor et Paul Day

PARIS/MADRID (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a livré le mode d'emploi pour sortir la zone euro de la crise, au grand soulagement des marchés financiers, mais la balle est maintenant dans le camp de l'Espagne qui va devoir ravaler son amour-propre et se résoudre à demander officiellement de l'aide.

En annonçant jeudi que la BCE était prête à acheter de la dette émise par les Etats en difficulté (d'une durée maximum de trois ans) pour des montants en théorie illimités, Mario Draghi est allé au-delà des attentes des marchés. Les coûts d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne ont aussitôt reculé et continuaient à baisser vendredi. Mais encore faut-il maintenant que les pays visés demandent un sauvetage et qu'ils acceptent de respecter des conditions qui promettent d'être strictes.

D'autant que le souhait de Mario Draghi d'obtenir l'implication du Fonds monétaire international pour la mise au point et le respect des conditions attachées au programme de sauvetage risque de rendre la tâche encore plus difficile pour l'Espagne.

Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, ferait tout pour éviter d'avoir à subir les humiliantes visites trimestrielles des inspecteurs du FMI, de l'Union européenne et de la BCE qui ont été imposées à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal en échange des fonds débloqués dans le cadre des plans de sauvetage.

Compte tenu de la réticence du gouvernement Rajoy, le spécialiste des taux d'intérêt à la Rabobank Richard Mcguire se demande si les marchés ne vont pas devoir faire pression sur l'Espagne pour qu'elle se résolve à solliciter un sauvetage.

POSITION AMBIGUË

Après des discussions avec la chancelière Angela Merkel et alors que se réunissait la BCE, Mario Rajoy a bien montré jeudi qu'il n'était pas pressé de demander un programme. Il a affirmé devant les journalistes incrédules que les conditions assortissant la demande d'assistance n'avaient pas été discutées.

Vendredi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a annoncé que Madrid allait examiner les conditions du programme de rachat d'obligations avant de prendre une décision concernant une demande d'aide.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Le pr&eacute;sident de la BCE Mario Draghi a livr&eacute; le mode d'emploi pour sortir la zone euro de la crise, au grand soulagement des march&eacute;s financiers, mais la balle est maintenant dans le camp de Madrid qui va devoir ravaler son amour-propre et se r&eacute;soudre &agrave; demander officiellement de l'aide. /Photo prise le 3 septembre 2012/REUTERS/Paul Hanna</p>