Les déboires du CIF sonnent la rentrée des banques

vendredi 7 septembre 2012 10h10
 

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Le sauvetage du Crédit immobilier de France le week-end dernier est venu rappeler aux investisseurs que la défaillance d'un établissement financier en France était possible et que la trêve estivale pour le secteur était terminée.

L'Etat a dû se résoudre à intervenir, près d'un an après la déconfiture de la banque franco-belge Dexia qui avait également nécessité l'apport de garanties publiques, et ce à quelques semaines de nouveaux arbitrages dans le cadre de la réforme bancaire envisagée par le gouvernement.

Le CIF, qui compte quelque 2.500 salariés dont l'avenir est désormais menacé, a cherché en vain un repreneur ces dernières années. La Banque postale, un temps pressentie pour faire une offre, n'a pas donné suite.

"Ce qui est surprenant, c'est qu'aucune banque n'ait voulu prendre en main le CIF. C'est bizarre. Soit on a peur qu'il y ait des cadavres dans les placards et que ce soit plus grave qu'une crise de liquidité, soit les banques françaises ne se sentent pas assez fortes", note Marc Touati, président du cabinet ACDEFI.

"Il ne faut pas que cette banque fasse faillite, le système bancaire français ne peut pas se le permettre", dit-il.

Pour l'heure, les analystes estiment qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure.

"Nous considérons qu'il s'agit d'un événement isolé et nous ne nous attendons pas à une contagion au reste du secteur", écrivent les analystes de Barclays dans une note de recherche.

"Les investisseurs semblent capables de faire la différence entre les émetteurs et les spreads (écarts de taux, NDLR) des autres institutions françaises restent resserrés", ajoutent-ils.   Suite...