Feu vert de la BCE à des rachats obligataires sans limite

jeudi 6 septembre 2012 18h52
 

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a avalisé jeudi le lancement d'un nouveau programme de rachats d'obligations souveraines sur le marché secondaire, potentiellement illimité et destiné à réduire les coûts de financement de pays de la zone euro sous pression afin de tourner la page de la crise de l'euro.

Le président de la BCE Mario Draghi a souligné que cette initiative permettrait de s'attaquer aux distorsions du marché obligataire et aux doutes "infondés" des investisseurs sur la pérennité de l'euro. Elle répond en tout cas aux fortes attentes soulevées par ses déclarations de la fin juillet, selon lesquelles la BCE ferait ce qu'il faudrait dans le cadre de son mandat pour préserver l'euro.

Le plan, auquel la Bundesbank était notoirement opposée, sera ciblé sur les titres d'Etat à moins de trois ans d'échéance et s'inscrit strictement dans le cadre du mandat de la BCE, a précisé Mario Draghi ajoutant qu'un seul membre du conseil des gouverneurs de la BCE ne l'avait pas soutenu.

"Dans des conditions appropriées, nous disposerons d'un filet de sécurité pleinement efficace pour prévenir des scénarios potentiellement destructeurs", a déclaré Mario Draghi lors de la traditionnelle conférence de presse à l'issue du conseil des gouverneurs.

"Aucune limite quantitative n'a été fixée aux opérations monétaires de prise ferme", a-t-il dit, utilisant le terme technique pour les programmes d'achat d'obligations de la BCE.

Les annonces de Mario Draghi ont répondu aux attentes, ont estimé des analystes, alors que la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés en dépit de nouveaux signaux de ralentissement de l'activité au sein de la zone euro.

Son principal taux directeur, le taux refi, demeure ainsi à 0,75%, niveau auquel il avait été abaissé en juillet.

LARGE SOUTIEN À DRAGHI AU SEIN DE LA BCE   Suite...

 
<p>Conf&eacute;rence de presse du pr&eacute;sident de la Banque centrale europ&eacute;enne &agrave; Francfort. Pour 2012, la BCE pr&eacute;voit une contraction du produit int&eacute;rieur brut comprise entre -0,6% et -0,2%, alors qu'en juin ses projections faisaient &eacute;tat d'une fourchette de -0,5% &agrave; +0,3%. Pour 2013, la pr&eacute;vision d'&eacute;volution de PIB est comprise entre -0,4% et +1,4% au lieu de la fourchette de 0,0%-2,0% retenue en juin. /Photo prise le 6 septembre 2012/REUTERS/Alex Domanski</p>