Croissance et objectif de déficit semblent inconciliables

jeudi 6 septembre 2012 11h21
 

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France aura du mal à tenir son objectif de baisse du déficit public l'an prochain en l'absence d'un rebond de la croissance, mais les efforts menés devraient permettre d'atténuer l'impact de ce raté sur sa crédibilité, estiment des économistes.

Après trois trimestres de croissance nulle, une fin 2012 qui s'annonce du même ton et pas d'amélioration en vue pour 2013, ces économistes privilégient un scénario où le dérapage devrait être limité.

Même si les efforts consentis pèseront sur l'activité, ils excluent que l'économie française soit entraînée dans une spirale récessive, comme le craignent certains au vu des programmes d'austérité menés dans toute l'Europe.

Malgré des perspectives qui s'assombrissent depuis la rentrée, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s'arc-boute sur son engagement de ramener l'an prochain le déficit public de 4,5% à 3% du produit intérieur brut (PIB).

Il y voit une condition nécessaire pour conserver la faveur des marchés financiers et consolider la relation franco-allemande.

Et il espère limiter l'impact négatif de cette consolidation sur l'activité économique en ciblant ses mesures en priorité sur les ménages les plus aisés et les grandes entreprises tout en accélérant la mise en place de ses dispositifs de lutte contre le chômage (contrats d'avenir et contrats de génération).

"Il est clair que le gouvernement ne peut se permettre d'avoir un objectif autre que 3%", estime Gilles Moec, économiste Europe chez Deutsche Bank. "S'il y a le moindre signe dans le budget 2013 que la France relâche ses efforts, il y aura des conséquences sur les marchés", prévient-il.

Pour Eric Chaney, chef économiste d'Axa, la réussite du programme de redressement des comptes publics français est un enjeu pour l'ensemble de la zone euro.   Suite...

 
<p>Les &eacute;conomistes estiment que la France aura du mal &agrave; tenir son objectif de baisse du d&eacute;ficit public l'an prochain en l'absence d'un rebond de la croissance, mais les efforts men&eacute;s devraient permettre d'att&eacute;nuer l'impact de ce rat&eacute; sur sa cr&eacute;dibilit&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen</p>