6 septembre 2012 / 07:48 / il y a 5 ans

Un 2e Français visé dans le dossier de la "baleine" de JP Morgan

<p>Un quatri&egrave;me trader de JP Morgan Chase &amp; Co, de nationalit&eacute; fran&ccedil;aise, est vis&eacute; par l'enqu&ecirc;te des autorit&eacute;s am&eacute;ricaines sur la perte de trading de pr&egrave;s de six milliards de dollars (4,8 milliards d'euros) subie par la banque. /Photo prise le 13 juillet 2012/Andrew Burton</p>

par Emily Flitter

NEW YORK (Reuters) - Un quatrième trader de JP Morgan Chase & Co, de nationalité française, est visé par l'enquête des autorités américaines sur la perte de trading de près de six milliards de dollars (4,8 milliards d'euros) subie par la banque, a-t-on appris de plusieurs sources proches du dossier.

Julien Grout, recruté par JP Morgan en 2009 et toujours salarié de la banque, a attiré l'attention des enquêteurs car il travaillait au sein du département "Chief Investment Office" (CIO) du groupe américain sous la responsabilité de Bruno Iksil, le trader français considéré comme la figure centrale du dossier et surnommé "la baleine de Londres" en raison de l'ampleur des positions accumulées par son équipe sur les marchés.

Les autorités américaines cherchent à déterminer si des traders de JP Morgan basés à Londres ont tenté de dissimuler une partie des pertes de la banque liées à des transactions complexes sur des produits dérivés financiers.

Julien Grout a refusé de commenter ces informations, a déclaré une porte-parole de la banque.

Il s'est adjoint les services d'un avocat après l'ouverture de l'enquête, ont dit les sources.

Julien Grout est au moins le septième salarié ou ex-salarié de JP Morgan à s'assurer l'assistance d'un avocat en lien avec ce dossier.

LE FBI ET LA SEC ENQUÊTENT

Julien Grout travaillait pour Bruno Iksil à l'époque où la division CIO de la banque prenait des positions de plus en plus importantes sur un segment peu liquide du marché du crédit, entre autres sur un indice des dérivés de crédit liés aux défauts d'entreprise.

Ces positions ont longtemps été rentables pour la banque mais elles sont devenues perdantes au début de cette année, JP Morgan se trouvant dans l'incapacité de les déboucler.

Une fois l'existence de ces positions rendue publique, le groupe américain a dû les déboucler et subir des pertes d'au moins 5,8 milliards de dollars.

Une enquête interne toujours en cours a révélé que plusieurs salariés de la banque pourraient avoir délibérément tenté de dissimuler l'ampleur des pertes en falsifiant la valeur des positions.

La justice américaine et la Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité des marchés financiers aux Etats-Unis, cherchent à établir si des délits ont été commis dans ce dossier.

Des représentants du FBI et du procureur de Manhattan ont refusé de commenter cette information. La SEC n'était pas disponible dans l'immédiat.

Bruno Iksil a été licencié par JP Morgan en juillet en même temps que deux de ses supérieurs hiérarchiques.

A ce jour, la personne la plus haut placée dans l'organigramme du groupe visée par les investigations est Ina Drew, qui dirigeait la division CIO jusqu'à sa démission en mai. Son avocat s'est refusé à tout commentaire.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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