La BCE devra être agressive pour être efficace

mercredi 5 septembre 2012 12h48
 

par Marc Jones

LONDRES (Reuters) - L'effet des rachats d'obligations souveraines que s'apprête à annoncer la Banque centrale européenne (BCE) pour endiguer la crise de la dette se retournera contre la zone euro si l'institut de Francfort se montre trop timoré, estiment des économistes.

Pour dissuader les investisseurs de profiter du programme pour vendre en masse leurs titres, la BCE ne devra assortir ses rachats d'aucune limite, tant pour les volumes que pour la durée, ajoutent-ils.

Les investisseurs étrangers, notamment, détiennent pour plus de 900 milliards d'euros de dette espagnole et italienne. Ils pourraient être tentés de vendre si le plan de la BCE s'avère insuffisamment agressif, comme cela s'est vu en 2010 et 2011.

En promettant, le 26 juillet, de sauver l'euro, le président de la BCE Mario Draghi a fait monter les attentes. Avant même la présentation du plan, attendue jeudi, les coûts de financement de l'Espagne ont baissé de moitié pour les maturités à deux ans et ceux de l'Italie ont été réduits de plus d'un tiers.

Mais beaucoup doutent que ce nouveau geste suffise à mettre un terme de la crise de la zone euro, et les marchés continuent d'imposer des taux prohibitifs à l'Espagne comme à l'Italie sur des maturités plus longues.

DÉFIANCE DES INVESTISSEURS ÉTRANGERS

"Si vous pensez que le soutien de la BCE ne sera que temporaire et qu'ensuite on reviendra à des écarts de taux croissants, des abaissements de notes et des risques accrus, alors la meilleure chose à faire est de vendre", déclare Alessandro Giansanti, stratégiste taux chez ING.

"L'intervention de la BCE doit être très massive pour permettre une baisse des rendements de 200 points de base."   Suite...

 
<p>De l'avis de certains &eacute;conomistes, l'effet des rachats d'obligations souveraines que s'appr&ecirc;te &agrave; annoncer la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) pour endiguer la crise de la dette se retournera contre la zone euro si l'institut de Francfort se montre trop timor&eacute;. /Photo prise le 11 juillet 2012/ REUTERS/Alex Domanski</p>