Hermès relance les hostilités face à LVMH

mardi 4 septembre 2012 20h01
 

par Pascale Denis et Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Hermès a déterré la hache de guerre contre LVMH en déposant une plainte visant les conditions d'entrée du géant mondial du luxe dans son capital et réveillant le contentieux avec un actionnaire toujours jugé indésirable.

Hermès a tiré la première salve en déposant le 10 juillet dernier une plainte contre LVMH où elle accuse le groupe dirigé par Bernard Arnault de manipulation de cours, délit d'initié, complicité de délit d'initié, a déclaré mardi le parquet de Paris.

Dans le cadre de cette plainte qui, selon Hermès constitue "la suite logique des interrogations du groupe sur les conditions d'entrée de LVMH à son capital", le procureur a saisi pour avis l'Autorité des marchés financiers (AMF) avant de statuer sur l'éventuelle ouverture d'une enquête pénale.

Le numéro un mondial du luxe a immédiatement riposté en annonçant à son tour le dépôt d'une plainte contre Hermès pour chantage, dénonciation calomnieuse et concurrence illicite.

LVMH "réaffirme avec force que les conditions de son entrée au capital d'Hermès ont été parfaitement régulières", a souligné le groupe dans un communiqué.

Le numéro un mondial du luxe, qui détient à ce jour 22,6% du capital du sellier, avait fait irruption chez son concurrent en octobre 2010, à la surprise générale, en y prenant d'abord une participation de 17%.

Cette opération s'était faite sans déclaration de franchissement de seuil auprès d'Hermès comme de l'Autorité des marchés financiers (AMF), LVMH ayant eu recours à des achats d'instruments financiers avec un dénouement en numéraire qui n'étaient, alors, pas rendus obligatoires par la législation boursière .

Seuls les instruments financiers dont le règlement était effectué en actions étaient pris en compte par les règles sur les franchissements de seuils.   Suite...

 
<p>Boutique Herm&egrave;s &agrave; Bombay. Herm&egrave;s a d&eacute;pos&eacute; plainte le 10 juillet contre LVMH sur les modalit&eacute;s d'entr&eacute;e du g&eacute;ant mondial du luxe dans son capital. /Photo d'archives/REUTERS/Danish Siddiqui</p>