Jens Weidmann met indirectement la pression sur Mario Draghi

vendredi 31 août 2012 18h17
 

par Annika Breidthardt et Paul Carrel

BERLIN/FRANCFORT (Reuters) - Les envies de démission prêtées au président de la Bundesbank, Jens Weidmann, par la presse allemande, risquent de compliquer encore la tâche du président de la BCE, Mario Draghi, dont le plan de rachats d'obligations d'Etat devra faire taire ses détracteurs sans pour autant compromettre son efficacité face à la crise de la dette.

Jens Weidmann, venu, contrairement à Mario Draghi, au rendez-vous annuel des banquiers centraux de Jackson Hole (Wyoming), s'est refusé à tout commentaire vendredi sur l'article du quotidien populaire Bild selon lequel il a songé à démissionner en raison de son opposition à ce plan censé faire baisser les coûts de financement de l'Espagne et de l'Italie sur les marchés.

Son compatriote Jens Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, s'est employé à rassurer une Bundesbank très inquiète de la tournure que prennent les événements, en posant jeudi soir comme préalable à tout achat d'obligations émises par les pays en difficulté l'implication du Fonds monétaire international (FMI) dans la conception de leurs programmes de réforme.

Un autre membre du directoire, le Français Benoît Coeuré, a cependant jugé que le recours d'un Etat à l'un des fonds de renflouement de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou le Mécanisme européen de stabilité (MES), devrait être une condition suffisante à une intervention de la BCE.

Ces programmes de rachat d'obligations, déjà vertement critiqués par l'Allemagne à l'époque de Jean-Claude Trichet, et qui avait conduit à la démission le prédécesseur de Jens Weidmann, Axel Weber, sont un sujet si sensible que Mario Draghi a préféré faire l'impasse de la réunion annuelle des grands banquiers centraux mondiaux à Jackson Hole, pour peaufiner son projet et son argumentaire avant la réunion de politique monétaire de jeudi prochain, 6 septembre.

"STRICTE CONDITIONNALITÉ"

"L'opposition de Weidmann et les réserves d'autres membres du Conseil (des gouverneurs) impliquent que les achats d'obligations de la BCE seront soumis à des conditions strictes, qu'ils seront focalisés sur le court terme et qu'ils n'auront pas pour but de faire baisser les taux de rendement autant que le souhaiteraient peut-être l'Italie et l'Espagne", commente Holger Schmieding, économiste de Berenberg Bank.

Le principe de la "stricte conditionnalité" semble néanmoins acquis, comme l'a souligné Benoît Coeuré, d'autant que la BCE a été échaudée l'an dernier par Silvio Berlusconi. Alors président du Conseil italien, celui-ci était revenu sur les promesses de réformes données en échange de l'intervention de la banque centrale sur le marché de la dette italienne.   Suite...

 
<p>Les envies de d&eacute;mission pr&ecirc;t&eacute;es au pr&eacute;sident de la Bundesbank, Jens Weidmann (photo), par la presse allemande, risquent de compliquer encore la t&acirc;che du pr&eacute;sident de la BCE, Mario Draghi, dont le plan de rachats d'obligations d'Etat devra faire taire ses d&eacute;tracteurs sans pour autant compromettre son efficacit&eacute; face &agrave; la crise de la dette. /Photo prise le 16 avril 2012/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>