François Hollande appelle la BCE à agir pour resserrer les taux

jeudi 30 août 2012 17h13
 

MADRID (Reuters) - François Hollande a implicitement appelé jeudi la Banque centrale européenne à intervenir pour resserrer les écarts de taux d'intérêt trop importants entre pays de la zone euro, estimant que cela entrait dans le mandat de l'institution.

Le président de la BCE, Mario Draghi, prépare depuis plusieurs semaines les esprits à une telle intervention qui suscite par avance d'importantes critiques en Allemagne, notamment de la part de la Bundesbank.

La BCE doit parfois recourir à des "mesures exceptionnelles" pour assurer le succès de sa politique monétaire mais elle agira dans les limites de son mandat pour assurer la stabilité des prix, a-t-il déclaré dans une interview publiée mercredi par l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Préserver la stabilité des prix "requiert parfois d'aller au-delà des solutions monétaires habituelles", lorsque les marchés financiers "sont fragmentés ou tombent sous l'influence de peurs irrationnelles", a-t-il ajouté.

La BCE met la dernière main à un nouveau programme de rachat d'obligations visant à abaisser les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie et Mario Draghi devrait en dire plus à ce sujet à l'occasion de la réunion de politique monétaire de l'institut de Francfort le 6 septembre prochain.

Le président de la Bunbesbank, Jans Weidmann, a estimé à plusieurs reprises qu'un tel programme risquait d'être contraire aux missions dévolues à la BCE et Angela Merkel ne s'est pas clairement prononcée sur ce point.

"Une telle politique est à mes yeux proche du financement public par la planche à billets", a-t-il dit au Spiegel. "Dans les démocraties, ce sont les parlements et pas les banques centrales qui décident d'un tel partage des risques."

Pour François Hollande, qui a rencontré jeudi à Madrid le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pour débattre des moyens de sortie de crise de la zone euro, le mandat de la BCE permet bien de telles interventions.

INTERVENTION AU NOM DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE   Suite...

 
<p>S'exprimant &agrave; Madrid lors d'une conf&eacute;rence de presse commune avec le pr&eacute;sident du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, Fran&ccedil;ois Hollande a d&eacute;clar&eacute; jeudi que des &eacute;carts de taux d'int&eacute;r&ecirc;t trop importants entre pays de la zone euro pour refinancer la dette souveraine pouvaient justifier une intervention de la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) pour y rem&eacute;dier. /Photo prise le 30 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Juan Medina</p>