L'automobile européenne se déchire entre riches et pauvres

mardi 28 août 2012 20h26
 

par Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - Volkswagen ne s'est pas fait que des amis cet été parmi les autres constructeurs généralistes européens en augmentant sa production alors que le continent souffre d'une surcapacité patente. Mais le groupe allemand ne semble pas décidé à ralentir la cadence pour sauver ses concurrents.

La querelle a été portée sur la place publique le mois dernier, lorsque le patron de Fiat Sergio Marchionne a accusé Volkswagen de contribuer à un "massacre" en prenant prétexte de la crise de la dette européenne pour lancer une guerre des prix en Europe.

Volkswagen, leader en Europe avec 23,9% du marché, a répliqué en menaçant de quitter la principale fédération professionnelle européenne, l'Association des constructeurs européens d'automobiles (Acea), si Marchionne en restait le président.

La dispute a provoqué une scission entre les constructeurs européens, partagés désormais en deux camps: ceux qui ont le vent en poupe, VW en tête, et les autres, tels Fiat, Peugeot-Citroën, Renault et Opel, filiale européenne de General Motors.

Il semble donc peu probable que ces derniers puissent convaincre VW de les appuyer lorsqu'ils sollicitent des autorités européennes qu'elles encouragent les mesures destinées à réduire les capacités, à fermer des sites et à supprimer des postes.

Volkswagen et les autres constructeurs qui arrivent très bien à surnager en se focalisant sur le haut de gamme disent de leur côté que les Etats manipulent les normes d'émission de CO2 pour pénaliser les marques de luxe et soutenir ainsi les entreprises les plus mal en point.

"La crise financière a dressé une barrière entre les producteurs européens suivant qu'ils sont riches ou pauvres", constate Stefan Bratzel, directeur du cercle de réflexion allemand Center of Automotive Management.

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<p>Un mod&egrave;le Volkswagen CC R-line pr&eacute;sent&eacute; au salon AMI, &agrave; Leipzig, en Allemagne. Le groupe allemand a augment&eacute; sa production de v&eacute;hicules cet &eacute;t&eacute; alors que le continent souffre d'une surcapacit&eacute; patente, au grand d&eacute;sarroi des constructeurs g&eacute;n&eacute;ralistes europ&eacute;ens partag&eacute;s d&eacute;sormais en deux camps: ceux qui ont le vent en poupe, et les autres, tels Fiat, Peugeot-Citro&euml;n, Renault et Opel. /Photo prise le 2 juin 2012/REUTERS/Fabrizio Bensch</p>