La Grèce pense financer seule le coût d'une extension de l'aide

lundi 27 août 2012 17h46
 

par Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce estime qu'une prolongation de deux ans du plan d'aide international dont elle bénéficie créerait un besoin de financement supplémentaire de 18 milliards d'euros, auquel elle pourrait répondre en empruntant à court terme sur les marchés et non en sollicitant une nouvelle fois ses bailleurs de fonds, ont déclaré à Reuters plusieurs responsables gouvernementaux.

Ces hypothèses font partie des arguments utilisés par Athènes pour tenter de convaincre ses partenaires européens et le Fonds monétaire international que lui donner du temps pour atteindre ses objectifs budgétaires ne reviendrait pas forcément à lui signer un nouveau chèque.

"Le gouvernement ne veut pas que le besoin de financement qui sera créé si on nous accorde une prolongation de deux ans pour mettre en oeuvre les mesures soit un fardeau pour nos créanciers", a déclaré un responsable gouvernemental, qui a requis l'anonymat.

"C'est notre stratégie sur ce dossier. C'est pourquoi (le Premier ministre Antonis) Samaras a déclaré lors de ses dernières rencontres que nous avions besoin de plus de temps, pas de plus d'argent."

La Grèce estime que le besoin de financement pourrait être comblé en émettant des bons du Trésor, a poursuivi ce responsable. Des emprunts à court terme auxquels elle a déjà eu recours ce mois-ci en attendant le versement d'une nouvelle tranche du plan d'aide international de 130 milliards d'euros, mais à un taux en hausse, à 4,43% à trois mois.

"Le gouvernement a un certain nombre de propositions sur la manière de couvrir le besoin de financement", a dit le responsable. "L'une d'elles consiste à obtenir l'autorisation d'émettre davantage de bons du Trésor en 2013, quand le contexte économique se sera amélioré et que nous serons en mesure de le faire à un coût réduit."

Antonis Samaras s'est rendu la semaine dernière à Berlin et à Paris pour tenter de convaincre l'Allemagne et la France que son pays ne reviendra pas sur les engagements pris en échange du plan d'aide, et qu'il mérite un délai supplémentaire pour procéder aux coupes budgétaires et aux réformes douloureuses exigées en contrepartie.

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<p>La Gr&egrave;ce estime qu'une prolongation de deux ans du plan d'aide international dont elle b&eacute;n&eacute;ficie cr&eacute;erait un besoin de financement suppl&eacute;mentaire de 18 milliards d'euros, auquel elle pourrait r&eacute;pondre en empruntant &agrave; court terme sur les march&eacute;s et non en sollicitant une nouvelle fois ses bailleurs de fonds. /Photo d'archives/REUTERS/John Kolesidis</p>