En Chine, la transition politique prime sur la relance

lundi 27 août 2012 17h41
 

par Nick Edwards

PEKIN (Reuters) - Les autorités chinoises ont deux semaines environ pour décider de lancer ou pas un nouveau plan de relance économique, alors que la nouvelle direction du Parti communiste s'apprête à prendre le pouvoir sur fond de dégradation des performances économiques.

L'activité industrielle en Chine est déjà tombée à son plus bas niveau depuis neuf mois, selon le dernier indice HSBC, ce qui augure d'une dégradation des chiffres de la production et de la balance commerciale.

La croissance chinoise pourrait ainsi tomber sous 7,5% au troisième trimestre, en dessous de l'objectif officiel de Pékin pour la première fois en près de quatre ans.

Cette perspective est d'autant plus préoccupante que les chiffres du produit intérieur brut (PIB) de juillet-septembre seront sans doute publiés à peu près au moment où s'opérera la transition à la tête du Parti et du pays.

La seule option dont disposent les autorités pour doper la croissance dans un délai aussi bref consiste à augmenter les dépenses d'infrastructures. Mais en la matière, Pékin pourrait en fait s'en tenir au discours sans passer à l'acte.

"Ils envoient un message disant qu'ils veulent stimuler l'économie mais, en réalité, ce ne sera pas le cas", a déclaré à Reuters Andy Xie, influent économiste indépendant chinois. "La propagande est à peu près le seul outil qui leur reste."

Lancer réellement un nouveau plan de relance risque d'exacerber l'une des principales préoccupations de certains dirigeants et de beaucoup d'observateurs, à savoir le fait que les 4.000 milliards de yuans (500 milliards d'euros) injectés dans l'économie en 2008-2009 en réaction à la récession mondiale ont durablement plombé les finances des collectivités locales et favorisé la spéculation.

Certains craignent en outre de voir une nouvelle augmentation des investissements en actifs fixes - dont le niveau est déjà jugé préoccupant par le Fonds monétaire international - accroître les surcapacités de l'économie chinoise.   Suite...

 
<p>Chantier &agrave; Taiyuan, dans la province chinoise de Shanxi. Alors que l'activit&eacute; industrielle en Chine est tomb&eacute;e &agrave; son plus bas niveau depuis neuf mois, des &eacute;conomistes estiment que les autorit&eacute;s du pays pourraient choisir de r&eacute;gler d'abord la question de la transition politique avant celle d'un nouveau plan de relance. /Photo prise le 19 juillet 2012/REUTERS</p>