Londres attire les "réfugiés fiscaux" des banques françaises

jeudi 23 août 2012 11h37
 

par Lionel Laurent et Christian Plumb et Sophie Sassard

PARIS/LONDRES (Reuters) - Même ternie par les scandales et les licenciements, la City de Londres conserve son attrait pour les banquiers parisiens qui veulent fuir des hausses d'impôts et la désagréable impression de ne pas être très aimés dans leur propre pays.

Des groupes financiers français, des sociétés de capital-investissement aux grandes banques, considèrent Londres comme un possible refuge face à l'arrivée annoncée d'un nouveau taux d'imposition de 75% pour les plus grosses fortunes françaises, disent des banquiers.

Un exemple: quittant après de nombreuses années un poste à responsabilité chez PAI Partners, société française de capital-investissement scindée de BNP Paribas il y a plus de dix ans, Bertrand Meunier a récemment déménagé à Londres pour rejoindre la société de capital-investissement CVC Capital Partners.

La situation fiscale, reconnaît-il, a joué dans sa décision, s'ajoutant au sentiment grandissant que Londres récompense le travail et l'esprit d'entreprise alors que beaucoup de ses compatriotes voient d'un mauvais oeil le succès financier.

"J'ai beaucoup d'amis et de famille ici et cela faisait déjà un moment qu'ils essayaient de me persuader de déménager", raconte Bertrand Meunier à Reuters. "Je pense que Londres est assez extraordinaire ; les bâtiments sont petits, c'est très vert, les gens ont une bonne attitude vis-à-vis du travail et de la richesse."

"Ce qui m'irrite en France aujourd'hui, c'est la manière dont le goût du travail, de l'effort, a été complètement perdu", ajoute cet expatrié.

TRANSFÉRER DES ACTIVITÉS DE M&A

Peu de banquiers acceptent de parler aussi ouvertement de leur mécontentement, mais la communauté des Français installés à Londres pourrait bientôt grossir.   Suite...

 
<p>M&ecirc;me ternie par les scandales et les licenciements, la City de Londres conserve son attrait pour les banquiers parisiens qui veulent fuir des hausses d'imp&ocirc;ts et la d&eacute;sagr&eacute;able impression de ne pas &ecirc;tre tr&egrave;s aim&eacute;s dans leur propre pays. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville</p>