Emporiki ou comment Crédit agricole bute à l'international

mardi 21 août 2012 15h22
 

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - Crédit agricole étudie plusieurs offres pour la reprise de sa filiale grecque Emporiki mais le dossier, qui empoisonne la 'banque verte' depuis plusieurs années, sera à la fois complexe, long et onéreux à solder.

Il illustre également la difficulté de la banque mutualiste à constituer une présence solide en dehors de France, là où ses grandes concurrentes, BNP Paribas et Société générale en tête, ont constitué des réseaux pour absorber les chocs et tirer parti de la croissance lorsqu'elle reviendra.

Selon plusieurs sources proches du dossier, Crédit agricole a reçu au moins trois offres pour tout ou partie du périmètre d'Emporiki, cinquième banque de Grèce acquise en 2006 pour 2,2 milliards d'euros.

Le nombre de repreneurs identifiés à ce stade -les trois premières banques du pays (National Bank of Greece, Eurobank et Alpha Bank)- n'apporte pas réellement de marges de manoeuvre au groupe français, pressé par ses actionnaires de mettre fin à l'aventure hellénique au plus vite.

Le Crédit agricole a déjà engagé plusieurs milliards d'euros lors des recapitalisations successives d'Emporiki. Comme les autres banques grecques, l'établissement a dû faire face au défaut organisé d'Athènes sur une partie de sa dette publique et continue d'affronter une récession sans précédent.

Les exigences posées par le régulateur grec d'une recapitalisation et du règlement de la dette d'Emporiki par la banque française elle-même font craindre une nouvelle addition de plusieurs milliards supplémentaires.

La transaction devra en outre se voir apposer le visa de la Commission européenne au titre des aides d'Etat, un processus susceptible de prendre plusieurs semaines.

En 2011, Emporiki et des coûts de restructuration dans la banque de financement et d'investissement (BFI) ont fait basculer les comptes du véhicule coté de Crédit agricole dans le rouge pour la première fois depuis son introduction en Bourse fin 2001.   Suite...

 
<p>Cr&eacute;dit agricole &eacute;tudie plusieurs offres pour la reprise de sa filiale grecque Emporiki mais le dossier, qui empoisonne la 'banque verte' depuis plusieurs ann&eacute;es et illustre sa difficult&eacute; &agrave; constituer une pr&eacute;sence solide en dehors de France, sera &agrave; la fois complexe, long et on&eacute;reux &agrave; solder. /Photo prise le 31 juillet 2012/REUTERS/Yorgos Karahalis</p>