Mario Draghi, l'allié italien d'Angela Merkel à la BCE

lundi 20 août 2012 11h54
 

par Noah Barkin

BERLIN (Reuters) - Quand Angela Merkel s'est résolue l'année dernière à soutenir la candidature de l'Italien Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne, beaucoup y ont vu une forme de renoncement de la part de la chancelière allemande, une défaite pour elle et l'Allemagne.

Axel Weber, tenant d'une politique monétaire orthodoxe, avait jeté l'éponge, disant préférer renouer avec l'enseignement après avoir dirigé la Bundesbank d'une main de fer, laissant Angela Merkel sans autre choix que de soutenir Mario Draghi.

Plus d'un an plus tard, cependant, l'accentuation de la crise de la dette souveraine et la menace d'une explosion de la zone euro ont fini par montrer de manière de plus en plus évidente qu'Angela Merkel a trouvé un allié de poids dans le successeur de Jean-Claude Trichet.

Au Canada, la semaine dernière, la chancelière a défendu l'action de Mario Draghi après que ce dernier eut déclenché un vif débat en Allemagne avec sa promesse de faire tout ce qu'il faudrait pour préserver l'euro et son annonce que la BCE se tenait prête à relancer son programme de rachat d'actifs (SMP).

Les propos du banquier central européen ont choqué les plus orthodoxes des responsables politiques allemands, qui craignent que la BCE soit tombée entre les mains d'une "cabale sudiste" au profit des Etats de la zone euro fragilisés par la crise, tels que l'Italie ou l'Espagne.

Cette impression est renforcée en Allemagne par l'attitude adoptée par le président de la Bundesbank Jens Weidmann, souvent critique à l'égard de choix affichés par Mario Draghi. C'est d'autant plus vrai que son statut d'ancien conseiller d'Angela Merkel peuvent laisser entendre que ses déclarations sont le reflet de l'opinion de la chancelière.

ACCORD TACITE

Les propos qu'Angela Merkel a tenus jeudi à Ottawa, en particulier lorsqu'elle a déclaré que la ligne de Mario Draghi était conforme à celle des dirigeants européens, sont venus contredire une fois pour toute l'idée selon laquelle elle s'opposait à la flexibilité défendue par l'Italien.   Suite...

 
<p>Angela Merkel discutant avec Mario Draghi, le pr&eacute;sident de la BCE, sous les yeux de son pr&eacute;d&eacute;cesseur Jean-Claude Trichet (au centre). Quand la chanceli&egrave;re allemande s'est r&eacute;solue l'an dernier &agrave; soutenir la candidature de Mario Draghi &agrave; la pr&eacute;sidence de la Banque centrale europ&eacute;enne, beaucoup y ont vu une forme de renoncement. Mais il semble aujourd'hui qu'elle ait plut&ocirc;t trouv&eacute; un alli&eacute; de poids dans cette op&eacute;ration. /Photo prise le 19 ao&ucirc;t 2011/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>