Mario Monti sort les griffes contre l'Allemagne

mercredi 8 août 2012 18h18
 

par Barry Moody

ROME (Reuters) - Mario Monti sort ses griffes pour tenter d'éviter à l'Italie une catastrophe dans la crise de l'euro en osant tenir tête à l'Allemagne d'une manière inimaginable il y a quelques mois encore.

Ce changement d'attitude du président du Conseil s'explique par l'exaspération croissante des autorités italiennes face aux atermoiements de l'Europe dans sa réponse à l'envolée des taux d'emprunt consentis par Rome et Madrid sur les marchés obligataires.

Professeur d'économie respecté, parlant couramment anglais et français, cet ancien commissaire européen à la Concurrence a pris la succession de Silvio Berlusconi en novembre dernier à la tête d'un gouvernement de techniciens pour remettre de l'ordre dans les finances publiques du pays.

Mais ses mesures de rigueur - 20 milliards d'euros de hausse d'impôts et de baisse des dépenses imposées en quelques semaines - n'ont pas été suivies d'effet sur le marché de la dette, le pays s'enracine depuis un an dans la récession et la cote du "professore" est tombée à 35% contre 70% au début de son mandat.

Après avoir passé plusieurs mois à se présenter comme le plus "allemand" des Italiens, Mario Monti est passé à l'offensive à la fin juin, lors du sommet européen de Bruxelles où il s'est allié à Madrid pour arracher à la chancelière Angela Merkel une concession d'envergure : un accord de principe des Allemands pour que les mécanismes de sauvetage financier européens puissent être utilisés afin de contenir l'envolée des taux espagnols et italiens sur les marchés obligataires.

Revenu triomphalement de Bruxelles, le chef du gouvernement italien a déchanté par la suite en voyant que l'accord arraché à Berlin restait dans les limbes.

SOUTIEN MORAL, PAS FINANCIER

Dans une interview ce week-end à l'hebdomadaire Der Spiegel, Mario Monti a enfoncé le clou en déclarant que l'Italie avait besoin du soutien moral de l'Allemagne, pas de son argent, ajoutant que Rome n'avait pas perçu un euro de la part de Berlin contrairement à ce que croient les Allemands.   Suite...

 
<p>Mario Monti, ici aux c&ocirc;t&eacute;s de la chanceli&egrave;re allemande Angela Merkel, ose d&eacute;sormais tenir t&ecirc;te &agrave; l'Allemagne d'une mani&egrave;re inimaginable il y a quelques mois encore. Ce changement d'attitude du pr&eacute;sident du Conseil italien s'explique par l'exasp&eacute;ration croissante des autorit&eacute;s italiennes face aux atermoiements de l'Europe dans sa r&eacute;ponse &agrave; l'envol&eacute;e des taux d'emprunt consentis par Rome et Madrid sur les march&eacute;s obligataires. /Photo prise le 4 juillet 2012/REUTERS/Max Rossi</p>