L'injonction contre StanChart fâche le Trésor US et la Fed

mercredi 8 août 2012 13h23
 

par Carrick Mollenkamp et Emily Flitter et Karen Freifeld

NEW YORK/LONDRES (Reuters) - La décision du régulateur bancaire de New York de poursuivre Standard Chartered, soupçonnée de transactions dissimulées avec l'Iran, a provoqué surprise et colère au sein du Département du Trésor et de la Réserve fédérale car les autorités fédérales américaines négociaient déjà à l'amiable avec la banque britannique, selon des sources proches du dossier.

La procédure lancée lundi a été décidée sans l'accord des régulateurs fédéraux par Benjamin Lawsky, directeur du Département des services financiers (DFS) de l'Etat de New York, qui menace de retirer sa licence bancaire à Standard Chartered.

Selon les sources, elle complique la tâche de la Réserve fédérale et du département du Trésor. Elle va à l'encontre de la gestion traditionnelle de ce type d'affaires impliquant des banques étrangères et des fonds liés à des pays frappés de sanctions. Des négociations à l'amiable entre ces établissements et les autorités financières évitent généralement de porter ces dossiers sur la place publique.

Selon Benjamin Lawsky, qui s'abstenait de tout commentaire mercredi matin, les agissements de StanChart, accusée d'avoir dissimulé environ 60.000 transactions pendant dix ans, "ont laissé le système financier américain en proie à des terroristes, des marchands d'armes, des barons de la drogue et des régimes corrompus".

La contrariété exprimée par certains responsables du Trésor et de la Fed pourrait donner du grain à moudre à Standard Chartered, afin de présenter le directeur du DFS de New York, récemment créé, comme un régulateur inexpérimenté et excessivement zélé.

CHUTE EN BOURSE

Dans un communiqué publié lundi, la banque s'est dite "surprise" par l'annonce de l'injonction formulée à son égard alors que des "discussions avec les agences fédérales concernées (...) étaient en cours".

Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche, a affirmé que le gouvernement prenait "extrêmement au sérieux" d'éventuelles violations des sanctions, et que le Trésor restait en contact étroit avec les autorités fédérales et de l'Etat sur la question. Le Trésor n'a pas souhaité faire de plus amples commentaires.   Suite...

 
<p>La d&eacute;cision du r&eacute;gulateur bancaire de New York de poursuivre Standard Chartered, soup&ccedil;onn&eacute;e de transactions dissimul&eacute;es avec l'Iran, a provoqu&eacute; surprise et col&egrave;re au sein du D&eacute;partement du Tr&eacute;sor et de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale car les autorit&eacute;s f&eacute;d&eacute;rales am&eacute;ricaines n&eacute;gociaient d&eacute;j&agrave; &agrave; l'amiable avec la banque britannique, selon des sources proches du dossier. /Photo prise le 7 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Olivia Harris</p>