La zone euro ou le dilemme du "jeu de la poule mouillée"

lundi 6 août 2012 13h36
 

par Paul Taylor

PARIS (Reuters) - "Après vous."

"Non, après vous."

Si les différents acteurs de la crise de la dette dans la zone euro s'accordent sur la nécessité de nouvelles actions, chacun a intérêt à ne pas en prendre l'initiative, que ce soit la Banque centrale européenne, les Etats susceptibles de demander une aide, ceux qui en bénéficient déjà, ou encore l'Allemagne, premier bailleur de fonds de la région.

Le rapport de forces s'apparente à ce que la théorie des jeux désigne comme le "jeu de la poule mouillée", une variante du "dilemme du prisonnier" modélisée par la situation dans laquelle deux automobilistes foncent l'un vers l'autre, jusqu'à ce que l'un d'eux "craque" et s'écarte, évitant la collision de justesse.

Dans le jeu de la poule mouillée, le premier protagoniste à agir est gagnant - il ne finit pas écrasé - mais le fait d'avoir pris l'initiative réduit ses gains face à son adversaire, qui a le bénéfice d'être apparu plus "solide".

Ici, l'Espagne et l'Italie, qui peinent à se financer sur les marchés en raison de rendements extrêmement élevés, espèrent que la BCE agira d'elle-même en leur achetant des obligations d'Etat pour faire baisser leurs coûts d'emprunt.

La BCE, par la voix de son président Mario Draghi, a toutefois prévenu jeudi qu'elle mènerait ces actions si les pays en difficulté prenaient l'initiative d'en faire la demande et acceptaient de subir des conditions strictes, en particulier une supervision européenne.

L'institution, qui doit notamment composer avec l'opposition de la banque centrale allemande à toute monétisation de la dette, est échaudée par le souvenir de l'ex-président du Conseil italien Silvio Berlusconi qui avait renoncé à mener des réformes après que la BCE avait acheté des emprunts d'Etat italiens et espagnols, l'an dernier.   Suite...

 
<p>Le rapport de forces en zone euro s'apparente &agrave; ce que la th&eacute;orie des jeux d&eacute;signe comme le "jeu de la poule mouill&eacute;e". Si les diff&eacute;rents acteurs de la crise de la dette s'accordent sur la n&eacute;cessit&eacute; de nouvelles actions, chacun a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; ne pas en prendre l'initiative, que ce soit la Banque centrale europ&eacute;enne, les Etats susceptibles de demander une aide, ceux qui en b&eacute;n&eacute;ficient d&eacute;j&agrave;, ou encore l'Allemagne, premier bailleur de fonds de la r&eacute;gion. /Photo prise le 30 ao&ucirc;t 2011/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>