L'Irlande tire son épingle du jeu dans la crise de l'euro

vendredi 3 août 2012 20h24
 

par Conor Humphries et Lorraine Turner

DUBLIN (Reuters) - Une croissance anémique, un chômage élevé et une dette qui peine à se stabiliser n'ont pas empêché l'Irlande de tirer son épingle du jeu dans la crise de l'euro comme le montre la récente performance de son marché obligataire.

Pour que le mouvement se confirme Dublin devra éviter de replonger en récession alors que l'activité peine à se maintenir en territoire positif et compter sur l'engagement des dirigeants européens à prendre des mesures audacieuses pour surmonter la crise de la dette souveraine.

"La plupart des chiffres sont assez mauvais, la demande intérieure est déprimée, et les bilans des banques sont encore en mauvais état", reconnaît Stephen Kinsella, professeur d'économie à l'université de Limerick.

"Mais si vous regardez la performance de notre marché obligataire par rapport à celui de l'Italie ou de l'Espagne, vous commencez à voir l'Irlande sous un jour plus favorable", tempère-t-il. "Au pays des aveugles, les borgnes sont rois."

L'émission surprise par le pays de titres de dette à moyen terme la semaine dernière, le premier appel au marché par un pays bénéficiant d'un programme d'aide de l'UE et du FMI, a constitué le point d'orgue d'un rally obligataire qui a vu une chute de 60% de la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette irlandaise plutôt qu'allemande.

L'écart de rendement (spread) sur les emprunts d'Etat irlandais à 10 ans et leurs équivalents allemands, considérés comme les plus sûrs de la zone euro, est passé de 6,2% à moins de 4,8% au cours des cinq dernières semaines, retrouvant les niveaux qui prévalaient avant le plan de sauvetage financier de 85 milliards d'euros consenti au pays en novembre 2010.

Dublin a levé jeudi dernier 4,2 milliards d'euros sur le marché obligataire, soulignant l'appétence retrouvée des investisseurs pour sa signature et laissant espérer une normalisation de sa situation.

EFFET DRAGHI   Suite...

 
<p>Une croissance an&eacute;mique, un ch&ocirc;mage &eacute;lev&eacute; et une dette qui peine &agrave; se stabiliser n'ont pas emp&ecirc;ch&eacute; l'Irlande de tirer son &eacute;pingle du jeu dans la crise de l'euro comme le montre la r&eacute;cente performance de son march&eacute; obligataire. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic</p>