La BCE achètera de la dette, mais pas tout de suite

jeudi 2 août 2012 19h57
 

par Sakari Suoninen et Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - Malgré les réticences de la Bundesbank, la Banque centrale européenne (BCE) a fait un pas vers un nouveau programme de rachat d'obligations, qui doit permettre de diminuer les coûts d'emprunt italiens et espagnols, tout en refusant de signer un chèque en blanc et en insistant sur les tâches qui incombent aux gouvernements.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a laissé entendre que l'institution monétaire n'interviendrait pas avant septembre au plus tôt et qu'il faudrait avant cela que les pays européens en difficulté sur les marchés de la dette en fassent la demande et acceptent en contrepartie de souscrire à des conditions strictes, une supervision européenne notamment.

L'absence de mesures immédiates, le caractère conditionnel des décisions prises ce jeudi ainsi que les réserves émises par Jens Weidmann, le président de la banque centrale allemande, ont largement déçu les investisseurs.

Cette déception est à la hauteur des attentes provoquées par les propos tenus la semaine dernière par Mario Draghi, lorsque ce dernier a déclaré que "la BCE était prête à faire tout ce qu'il faudra pour préserver l'euro" dans le cadre de son mandat.

Les places boursières en Europe ont ainsi clôturé en nette baisse, tandis que l'euro chutait et que les coûts d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie repartaient en vive hausse. Le rendement de l'obligation espagnole à 10 ans a repassé le seuil critique de 7%.

Mario Draghi a en outre souligné que l'octroi d'une licence bancaire au MES, qui lui permettrait de participer aux opérations de financement de la BCE et accroîtrait ainsi sa puissance de frappe sur les marchés, serait contraire aux traités européens, allant ainsi dans le sens de l'Allemagne farouchement opposée à cette mesure.

"La politique monétaire ne peut remplacer les efforts des pays eux-mêmes dans les domaines économiques et financiers et, pour cette raison, elle ne peut représenter une résolution durable de la crise", a dit Philipp Rössler, ministre allemand de l'économie.

"De ce point de vue, il est important que Mario Draghi ait conforté la position de l'Allemagne qui consiste à dire qu'un refinancement du MES via la BCE est, d'un point de vue de la BCE, impossible", déclare-t-il dans un bref communiqué.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident de la Banque centrale europ&eacute;enne Mario Draghi a d&eacute;clar&eacute; que la BCE se pr&eacute;parait &agrave; racheter des obligations souveraines italiennes et espagnoles sur le march&eacute; mais qu'elle ne le ferait qu'une fois que les gouvernements de la zone euro auront permis aux fonds de sauvetage de la r&eacute;gion d'en faire de m&ecirc;me. /Photo prise le 2 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Alex Domanski</p>